L’an passé, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a alloué 16 postes pour des nouveaux médecins... après de dures négociations.

Médecins de famille: l’Estrie nettement désavantagée

La région de l’Estrie ne peut pas recruter suffisamment de médecins de famille en raison de la méthodologie utilisée par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) pour répartir ses médecins sur l’ensemble du territoire québécois. L’Estrie se trouve ainsi défavorisée. « Au lieu de pouvoir accueillir 16 nouveaux médecins de famille comme cette année, il nous en faut plutôt de 30 à 35 pour chacune des trois prochaines années », affirme la présidente-directrice générale du CIUSSS de l’Estrie-CHUS Patricia Gauthier.

L’an passé, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a alloué 16 postes pour des nouveaux médecins... après de dures négociations. En effet, dans la première mouture du Plan régional des effectifs médicaux (PREM) orchestré par le MSSS, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS ne pouvait recevoir que la moitié de ces « nouveaux facturants ».

Or même 16 nouveaux médecins pour couvrir l’ensemble du territoire, c’est trop peu pour éviter qu’une crise majeure s’installe dans la région au cours des prochaines années alors que les retraites des omnipraticiens vont se multiplier.

Vrai aussi à Sherbrooke

La situation est déjà difficile sur plusieurs territoires, notamment dans la région de Coaticook et d’Asbestos. La ville de Sherbrooke n’est pas épargnée non plus.

« Grâce au travail de Dre Raymonde Vaillancourt [NDLR: directrice du département régional de médecine générale], nous avons dressé un portrait très clair de la situation en Estrie. Et nous défendons très fort notre dossier auprès du MSSS », clame-t-elle.

Le défendre oui, mais dans un contexte où la rareté des médecins touche l’ensemble de la province.

« On est conscient que le manque de médecins affecte l’ensemble des régions, mais on doit quand même travailler de notre côté à défendre notre région. Il nous faut pouvoir recevoir de 30 à 35 médecins de famille pour les trois prochaines années », assure Mme Gauthier.

Chaque année, les quatre facultés de médecine du Québec forment environ 400 nouveaux médecins de famille. Pour établir son calcul et décider combien de postes seront ouverts dans chaque région, le MSSS se base sur une méthodologie qui, estime-t-on du côté du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, prive l’organisation de ressources qui lui seraient très précieuses.

« On a l’impression que l’on ne va pas chercher notre quote-part dans la méthodologie utilisée. On a l’espoir que la méthode évolue... », insiste la PDG sortante.

Un premier surplus en 17 ans

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS affiche un surplus budgétaire pour son année financière qui s’est terminée le 30 avril dernier. « En 17 ans comme président du conseil d’administration du CHUS, puis au CIUSSS de l’Estrie-CHUS, c’est la première fois que je vois ça », se réjouit Jacques Fortier, président du conseil d’administration du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Ce surplus budgétaire est notamment attribuable à l’équité interrégionale du ministère de la Santé qui a finalement été attribuée dans son intégralité au CIUSSS de l’Estrie-CHUS pour son année financière 2017-2018. « On nous avait dit qu’on aurait 25 M$ pour la première année, mais grâce au volume d’activités que nous avons fait, nous avons réussi à justifier 35 M$ », précise Patricia Gauthier, présidente-directrice générale.

Cette somme sera récurrente. « Nous avons aussi reçu d’autres enveloppes supplémentaires, qui nous ont d’ailleurs été attribuées en raison de nos volumes d’activités. Cependant, ces sommes ne sont pas récurrentes », précise Mme Gauthier.