Plusieurs centaines d’élèves de La Frontalière ont manifesté pour le climat jeudi, à Coaticook. En plus de remettre leur déclaration d’urgence climatique au maire Madore au terme d’une manifestation, ils ont visité le site d’enfouissement des déchets de la région, question de découvrir la destination finale de leurs déchets.

Marche pour l'environnement : mobilisation à La Frontalière

Des centaines d’élèves de l’école secondaire La Frontalière, de Coaticook, se sont mobilisés pour l’environnement jeudi en compagnie de certains enseignants. Plusieurs ont visité la Régie intermunicipale de gestion des déchets solides de la région de Coaticook, avant de manifester et de remettre à la municipalité leur déclaration d’urgence climatique.

« Je suis contente d’être ici aujourd’hui, mais ça me touche beaucoup de voir tous ces déchets, avoue Maëlysse Le Roux, élève de secondaire 1, en regardant l’immense site d’enfouissement qui s’étend sur plusieurs dizaines de mètres devant ses yeux d’enfants. Je ne veux pas mourir jeune et je veux avoir des enfants, donc il faut changer nos façons de faire au plus vite. On doit porter attention à où vont nos déchets et protéger notre planète. »

À l’aube de la manifestation pour le climat de vendredi, une mobilisation étudiante a été organisée à Coaticook par plusieurs enseignants, dont Francis Lord, professeur d’éthique et culture religieuse. En plus d’organiser une manifestation en règle au centre-ville en après-midi, il a amené quatre autobus remplis d’élèves pour visiter le site d’enfouissement de la région en matinée.

« On a calculé en classe le nombre de planètes nécessaire pour supporter la consommation des élèves. On a réalisé que dans la plupart des cas, il faudrait trois ou quatre planètes pour répondre à leurs besoins, ce dont on ne dispose évidemment pas, explique M. Lord, activiste environnementaliste avoué à ses heures. C’est pourquoi on doit parler plus d’environnement et de décroissance à l’école, ce sont des thèmes très peu présents dans le programme du ministère. »

« En venant au site d’enfouissement, les élèves réalisent tous les déchets qui sont produits par les gens de notre communauté, il y en a des piles qui montent très haut dans les airs, poursuit-il. C’est une activité que l’on veut répéter chaque année pour les sensibiliser aux conséquences de la consommation de masse. »

Le directeur général de la Régie intermunicipale, Francis Lussier, croit fermement qu’une visite du site peut être très enrichissante pour les jeunes, qui voient rarement les impacts de la consommation sur leur environnement direct.

« Ça permet aux élèves de voir ce qui arrive avec le contenu des bacs de poubelle et de compost lorsque les camions partent avec, car rien ne disparait, soutient M. Lussier. Nous avons des façons de faire propre à nous ici qui sont bénéfiques pour l’environnement. Les déchets sont compactés en ballots par une presse électrique, au lieu d’utiliser des bulldozeurs, qui produisent des gaz à effet de serre. On est les seuls au Québec à procéder de cette manière, c’est notre façon de réduire l’impact environnemental de l’enfouissement des déchets. »

Manifestation

Pancartes à la main, des centaines d’élèves ont déferlé dans les rues du centre-ville et on remis leur déclaration d’urgence climatique au maire Simon Madore, qui les a reçus au parc Chartier. Dans leur déclaration, les jeunes somment la Ville de mettre l’environnement au cœur de ses priorités et s’engagent à diminuer leurs émissions de carbone.

« On veut que la municipalité mette l’environnement au cœur de ses décisions, soutient M. Lord. Ailleurs en province, la production de GES des maisons et des commerces est mesurée et suivie de près, on devrait faire la même chose ici. On doit faire plus que des actions individuelles si on veut améliorer la situation à l’échelle planétaire. »

« De notre côté, on veut sensibiliser la population, mais on s’engage aussi à faire des efforts concrets pour réduire l’impact de notre école sur l’environnement, enchaine-t-il. Par exemple, on veut faire planter des arbres pour compenser les GES produits par les autobus lors des sorties scolaires cette année. On aimerait que notre école devienne carboneutre dans cinq ans, c’est un défi ambitieux, mais notre directeur a réalisé cet exploit quand il était à la barre de l’Odyssée à Valcourt. »

Une chose est sûre, les élèves n’auront pas eu de misère à se faire entendre par le maire et ses conseillers municipaux, qui sont très ouverts à leurs suggestions. « On travaille dans le même sens qu’eux, on est en train de mettre sur pied un comité environnemental, affirme M. Madore. Les jeunes sont notre futur, on doit travailler avec eux pour s’attaquer à ces enjeux qui sont plus importants que jamais. On est prêt à travailler en partenariat avec eux. »

La municipalité devra se pencher sur la situation rapidement, estime la petite Maëlysse. « La situation est grave et il reste peu de temps pour agir. On doit commencer immédiatement pour sauver l’avenir de notre planète. »