Des dizaines de conducteurs d’autobus scolaires ont manifesté dans les rues de Sherbrooke, lundi avant-midi. Ils réclament entre autres une majoration de leur salaire.

Manifestation d'autobus scolaires à basse vitesse

Les conducteurs d’autobus scolaires de la région sont en colère et l’ont fait savoir lundi avant-midi lors d’une opération de visibilité. Ils demandent au gouvernement de hausser le financement du transport scolaire.

Des membres de la Fédération des employées et employés de services publics-CSN (FEESP-CSN) ont participé à la « virée jaune », manifestation tenue ailleurs dans la province.

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Les chauffeurs d’autobus scolaires manifestent pour de meilleurs salaires

Après un point de presse, une quarantaine d’autobus scolaires ont circulé à basse vitesse dans différents quartiers de Sherbrooke afin de marquer l’intensification de leur visibilité sur la place publique, indique le syndicat. Le point de départ du rassemblement avait été fixé dans le stationnement du Carrefour de l’Estrie, près de l’ancien magasin Sears.

Leur objectif est simple : sensibiliser et demander l’appui de la population afin d’obtenir de meilleurs salaires et conditions de travail pour qu’enfin, leur métier soit reconnu à sa juste valeur. Ils insistent pour qu’on compare leur rémunération à celle des éboueurs.

« Aujourd’hui, alors que nous manifestions, nous avons également diffusé une vidéo qui compare notre travail à la collecte des ordures.

« Les deux métiers sont difficiles, mais un seul est rémunéré à sa juste valeur et c’est celui où l’on transporte des ordures, s’insurge Stephen P. Gauley, président du Secteur transport scolaire (STS).

« Le transport scolaire offre généralement des conditions de travail dérisoires par rapport aux lourdes responsabilités et à la complexité de notre travail. De grandes disparités salariales existent d’un employeur à l’autre. »

Le syndicat avance que les salariés touchent un taux horaire moyen de 17,86 $ l’heure, pour un revenu annuel moyen de 19 288 $, alors que d’autres reçoivent 12,07 $ l’heure, un taux avoisinant le salaire minimum, sans autres avantages sociaux, précise-t-on.

Lors d’un processus d’évaluation de l’emploi de conducteur de véhicule scolaire, auquel le gouvernement et les associations des transporteurs ont participé, le comité de travail a fixé un taux horaire minimal de référence à 19,14 $ l’heure en janvier 2015, ce qui représente actuellement un taux indexé de 20,02 $ à l’embauche, sans évidemment tenir compte de l’ancienneté, fait-on remarquer.  

« Nous demandons donc l’appui de la population à notre revendication qui vise la création d’enveloppes budgétaires bonifiées, dédiées et fermées afin de financer adéquatement l’augmentation des salaires et une amélioration des conditions de travail dans notre secteur », de préciser M. Gauley.

Une pétition a été mise en ligne sur le site de l’Assemblée nationale et le STS sollicite l’appui de la population à leur demande formulée au gouvernement du Québec. Une crise se dessine dans le transport scolaire au Québec, ajoute-t-on. On a pu voir récemment que la colère gronde aussi chez les conducteurs de la région de Montréal. À la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke, un employeur aurait même rappelé des travailleurs en congé de maladie pour des remplacements, ce qui soulève de potentiels problèmes de santé et de sécurité du travail, soutient le syndicat. Le 10 octobre dernier, la FEESP–CSN avait interpellé le gouvernement dans les médias en soulignant qu’une crise pourrait très bien se dessiner au Québec, situation qui se concrétise actuellement.

« Les conductrices et les conducteurs de véhicule scolaire luttent pour la reconnaissance de leur emploi et pour l’obtention d’un salaire décent depuis plus de 20 ans. Depuis tout ce temps, ils ont dû défendre l’importance de leur travail qui consiste à conduire en toute sécurité nos enfants vers leur milieu d’apprentissage », souligne Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie.

« Nous demandons donc au gouvernement de Philippe Couillard des enveloppes budgétaires bonifiées, dédiées et fermées qui serviront à augmenter les salaires et à offrir des conditions de travail qui reconnaissent leur travail. Ces mauvaises conditions de travail sont en train de créer une crise dans ce secteur. Nous revendiquons une solution durable avant les prochaines élections provinciales. »

Rappelons que plus de 521 000 écoliers, soit un peu plus de 60 % de tous les élèves du primaire et du secondaire, montent à bord des autobus scolaires tous les jours.