Mandat de grève dans le transport scolaire en Estrie

Au terme d’une tournée d’assemblées générales, les cinq syndicats CSN du transport scolaire en Estrie ont tous obtenu un mandat de grève générale illimitée à être déclenchée au moment jugé opportun, et ce, avec une majorité de plus de 90 % dans tous les cas.

Le Syndicat de travailleurs d’Autobus des Cantons, d’Autobus de l’Estrie, des Autobus B. Dion, des Autobus la Sapinière et d’Autobus Coaticook, menacent  donc de débrayer au moment jugé opportun.

Ces gens se sont faits visibles en octobre, lors d’une autre «Virée jaune» dans les rues de Sherbrooke. Les chauffeurs d’autobus scolaire dénonçaient encore une  la rareté de main-d’œuvre et le peu de considération pour le transport des écoliers dans notre société.

« Nous sommes conscients qu’il est plutôt inhabituel de commencer une négociation en ayant déjà en poche un mandat de grève», explique Stephen Gauley, président du secteur du transport scolaire de la Fédération des employées et employés de services publics (FEESP) de la CSN. 

«Cependant, l’historique des négociations antérieures en Estrie et l’attitude actuelle de certains de ces employeurs nous démontrent qu’afin d’être pris au sérieux, nous devons montrer que nos membres sont prêts à aller jusqu’au bout pour obtenir des conditions de travail décentes. Évidemment, nous espérons ne pas avoir à exercer ces mandats pour y arriver.»

Les syndicats du transport scolaire affiliés à la CSN en Estrie comptent environ 230 membres et se partagent environ 215 circuits scolaires sur l’ensemble du territoire. Leur contrat de travail s’est terminé en juin dernier.  Des premières rencontres de négociation ont eu lieu.

« À la suite d’une analyse comparative des revenus et des dépenses salariales des transporteurs scolaires de l’Estrie, nous en sommes venus à la conclusion qu’ils ont la capacité d’offrir à nos membres des augmentations salariales bien au-delà de l’indice des prix à la consommation», ajoute M. Gauley.

«De plus, la difficulté qu’ils ont d’attirer et de retenir leurs conductrices et conducteurs de véhicules scolaires s’explique par les conditions de travail qu’ils offrent, et qui ne sont tout simplement pas concurrentielles sur le marché du travail. Une prise de conscience s’impose donc et il est impératif d’agir maintenant.»