Les membres du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Gurit Canada, à Magog, ont voté lundi à 96 % en faveur d’un mandat de grève de sept jours consécutifs à déclencher au moment jugé opportun. L’entreprise suisse est fournisseur de matériaux composites, de services d’ingénierie, d’outillage, et de pièces et systèmes déterminés.

Mandat de grève à l’usine Gurit

Devant l’impasse des négociations, les syndiqués de l’usine Gurit Canada de Magog ont voté lundi à 96 pour cent en faveur d’un mandat de grève de sept jours consécutifs à déclencher au moment jugé opportun.

Plongé dans l’incompréhension, le syndicat dit tourner en rond. « Il n’y a juste pas d’écoute. Notre employeur veut discuter d’un seul article de la convention depuis le début des négociations. Il nous demande de trouver des solutions à ses problèmes dans cet article-là, mais il rejette la solution qu’il a lui-même demandée », commente Jérémy Temes-Dubé, président du Syndicat des travailleuses et travailleurs de Gurit, affilié à la CSN.

Le contrat de travail est échu depuis le 31 octobre 2017. Douze rencontres de négociations ont eu lieu, dont neuf en présence d’un conciliateur du ministère du Travail. Il n’y aurait pourtant eu aucune avancée depuis.

« La direction trouve ça triste, évidemment, commente Éric Lalancette, directeur de l’usine. Il y a un point commun de désaccord, et on fait tout en notre pouvoir pour trouver une solution satisfaisante pour toutes les parties. »

L’employeur demanderait principalement un assouplissement des conditions dans lesquelles il pourrait combler ses besoins de main-d’œuvre à l’aide de travailleurs occasionnels. Déjà, l’ancienne convention avait permis l’élargissement des périodes de travail possibles pour les occasionnels, en y ajoutant les fêtes ainsi que la semaine de relâche, selon les informations fournies par M. Temes-Dubé.

Un grief aurait d’ailleurs été déposé, l’employeur faisant travailler les occasionnels au-delà du temps partiel entendu dans l’ancienne convention, selon l’interprétation du syndicat.

« Nous avons concédé la possibilité à l’employeur d’utiliser des travailleurs occasionnels en dernier recours à n’importe quelle période de l’année, mais ça a été rejeté. On lui a donné explicitement la solution qu’il avait demandée, mais il l’a rayée et jetée à la poubelle », poursuit le président du STT de Gurit — CSN.


«  On met du temps et de l’énergie sur des solutions qui pourraient convenir tout en respectant la loi, et elles sont rejetées à la rencontre suivante.  »
Jérémy Temes-Dubé, président du syndicat

« Comme c’était un point litigieux, on espérait parler d’autres points de la convention, mais il n’y a aucune ouverture de l’autre côté. On met du temps et de l’énergie sur des solutions qui pourraient convenir tout en respectant la loi, et elles sont rejetées à la rencontre suivante », se désole-t-il.

M. Temes-Dubé, de même que Denis Beaudin, président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE) se disent préoccupés par le peu d’importance accordée à la rétention de la main-d’œuvre chez Gurit Canada.

« Depuis environ six semaines, on assiste à une vague de démissions chez nos travailleurs. Des employés qui ont de 5 à 12 ans d’ancienneté partent travailler ailleurs à salaire moindre et avec moins de semaines de vacances, partage M. Temes-Dubé. Ils s’aperçoivent que le salaire n’est pas tout. »

Les tâches des employés de Gurit, une entreprise spécialisée dans la fabrication de matériaux composites, impliquent pour plusieurs la manipulation de produits chimiques ainsi qu’un certain niveau d’effort physique.

Un blitz de négociation était prévu les 9, 10 et 11 mai. Après seulement une demi-journée de négociation, le conciliateur, constatant une impasse, a considéré la table rompue.

Le Syndicat des travailleuses et travailleurs de Gurit — CSN compte 160 membres. Il est affilié à la Fédération de l’industrie manufacturière (FIM — CSN), au Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CCSNE) et à la Confédération des syndicats nationaux (CSN).