Intimidé à l'école secondaire, Jimmy Chabot est devenu une vedette de la communauté francophone au Manitoba.

Mal-aimé à Drummondville, vedette au Manitoba

Le Drummondvillois Jimmy Chabot, connu sous le pseudonyme jimchab, a été nommé personnalité à surveiller au cours de l'année 2017 par la communauté franco-manitobaine de Saint-Boniface. Il s'agit d'un honneur qui sort de l'ordinaire pour le jeune homme de 21 ans qui en a bravé les tempêtes dans sa ville natale.
Sportif dans l'âme, jimchab rêvait de suivre les traces de son compatriote drummondvillois Mathieu Perreault. Il n'avait toutefois pas le même talent au hockey et a subi quatre commotions cérébrales, qui l'ont contraint d'abandonner le sport qu'il aimait. Il a également vu ses capacités physiques diminuer, ce qui a ouvert toute grande la porte aux intimidateurs.
L'animateur radio se souvient avoir vécu un véritable calvaire alors qu'il fréquentait l'école secondaire Jean-Raimbault. Il était injurié, menacé et frappé. Il en a développé un bégaiement. Il en est venu à ne plus être en mesure de prononcer son nom en public. « Je me faisais ramasser à gauche et à droite, ça n'a pas été une époque très agréable », se souvient-il.
Afin de se sortir de sa torpeur, Jimmy Chabot s'est découvert une passion pour la photographie. Il suivait son frère à travers son cheminement de hockey mineur et captait ses exploits sur le vif. Un soir, il a été appelé à remplacer l'animateur maison. C'est à ce moment qu'il a trouvé sa voie.
« J'ai découvert que je ne bégayais pas lorsque je parlais au micro. J'ai décidé d'en faire de plus en plus et j'ai gagné en confiance », ajoute-t-il.
Le Drummondvillois a quitté le Québec il y a trois ans afin de travailler à la station francophone de Kapuskasing dans le nord de l'Ontario, puis il a eu la chance d'obtenir un micro à CKNG, la radio communautaire du Manitoba, se rapprochant ainsi de son idole, Mathieu Perreault, maintenant avec les Jets de Winnipeg.
« C'est incroyable ce que je vis là-bas. Puisqu'il n'y a pas beaucoup de médias francophones, j'ai pu couvrir la coupe Grey de 2015 et des matchs des Jets. J'ai fait mon entrevue avec Mathieu Perreault », se réjouit-il.
Promoteur de la culture franco-manitobaine
Ce n'est toutefois pas pour ses qualités d'animateur que la communauté de Saint-Boniface a fait de jimchab sa personnalité de 2017. C'est plutôt pour le coup de main qu'il donne aux artistes locaux afin de se faire découvrir.
« Je donne beaucoup aux artistes. J'ai l'équipement nécessaire pour faire de bons vidéos et je leur offre une carte de visite à travers mon vlog. Je ne reste pas les bras croisés dans mes temps libres, j'aide les autres », dit-il.
Ce dernier estime d'ailleurs que les artistes franco-manitobains constituent le « next big thing » et que certains perceront le marché québécois, un peu comme l'ont fait Lisa Leblanc (Nouveau-Brunswick) et Radio Radio (Nouvelle-Écosse) au cours des dernières années.
Au cours des dernières semaines, le jeune homme a entamé des démarches afin que l'hymne national canadien soit chanté dans les deux langues officielles avant le début des rencontres locales des Jets. Il gravit peu à peu les échelons et a bon espoir que les 33 000 francophones de la province obtiennent un peu plus de reconnaissance.
« Les Franco-manitobains sont un peu laissés pour compte par les Jets, ils ne s'y reconnaissent pas. Je vais travailler pour que ça change », promet jimchab.
Cet automne, jimchab a l'intention de se lancer dans une tournée canadienne afin d'offrir des conférences et de donner espoir aux jeunes victimes d'intimidation.