Estimant que des infrastructures étaient menacées par leur présence, la Ville de Magog a ordonné le trappage de castors qui s’étaient installés dans le secteur de la rue Lanahan.

Magog élimine des castors

Estimant que des infrastructures étaient menacées par leur présence, la Ville de Magog a ordonné le trappage de castors qui s’étaient installés dans le secteur de la rue Lanahan. Le citoyen Normand Lanahan, qui habite le quartier, déplore la décision de la municipalité.

La Ville de Magog ne peut intervenir comme bon lui semble lorsque des castors construisent un barrage à un endroit donné sur son territoire. Elle a néanmoins le droit d’agir pour s’assurer que les eaux s’écoulent normalement quand elle estime qu’un barrage constitue une menace pour des biens ou des personnes.

Selon les informations obtenues, la MRC de Memphrémagog exige d’ailleurs des municipalités sur son territoire qu’elles voient à ce que « l’écoulement des cours d’eau s’effectue sans difficulté » en tout temps ou presque.

« On n’autorise pas la trappe de castors pour rien, indique Daniel Charron, superviseur en environnement à la Ville de Magog. Quand on le fait, c’est parce que la situation le demande. »

D’ailleurs, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec ne permet pas aux municipalités de procéder sans aucune balise. « Il supervise nos activités reliées à la trappe quand on est en dehors des périodes où cette chose est permise », fait valoir Josiane K. Pouliot, coordonnatrice en environnement à la Ville de Magog.

En ce qui concerne le cas dans le secteur de la rue Lanahan, Daniel Charron affirme qu’un ruisseau s’écoulant d’un lac artificiel était touché. « Plusieurs propriétés auraient eu un coup d’eau, si le barrage avait cédé. Il faut être conscient qu’il y a une bonne pente entre ce petit lac et le chemin de Georgeville plus bas », explique-t-il.

Normand Lanahan admet pour sa part ne pas comprendre pourquoi on a éliminé ces castors. « Je me suis informé et on m’a dit, à la Ville, que ce sont des animaux qu’il est impossible de déplacer, donc il faut les tuer lorsqu’on ne les désire plus à un endroit donné. Je ne sais pourquoi on devait les faire disparaître par contre. Ils étaient dans une zone marécageuse et je ne pense pas qu’ils représentaient une menace », dit-il.

Josiane Pouliot souligne que les castors sont des animaux « très territoriaux ». Ainsi, en les déplaçant, on risquerait de créer un affrontement interclan ailleurs. « Ils peuvent s’entretuer », note-t-elle.

Mme Pouliot confie d’autre part que, contrairement à ce que pensent plusieurs personnes, les castors sont nombreux dans la région. « On intervient au besoin et sans exagérer. Mais ce qui est certain, c’est que cet animal est en bien plus grand nombre qu’on le croit. »