Sylvain Arteau, directeur du service de protection incendie de la Ville de Magog, est très fier de la façon dont les hommes qu’il dirige se sont comportés lors de leur combat contre les flammes à l’angle des rues Principale et Deragon le 16 octobre.

Magog : souvenir d’un incendie destructeur

L’incendie survenu au centre-ville de Magog, le 16 octobre dernier, a forcé les pompiers de Magog à puiser jusqu’à leurs dernières ressources, à l’intérieur d’eux-mêmes, pour enfin maîtriser l’élément destructeur. Le directeur du service de protection contre les incendies de la Ville de Magog, Sylvain Arteau, témoigne.

M. Arteau n’occupait le poste de directeur du service de protection incendie de la Ville de Magog que depuis quatre mois quand le feu à l’angle des rues Principale Ouest et Deragon a pris naissance très tôt le matin du 16 octobre. « C’était le premier feu d’importance auquel je répondais dans mes nouvelles fonctions. C’était tout un baptême », se rappelle-t-il.

Ce jour-là, environ 80 pompiers en provenance de Magog, de Sherbrooke et d’autres municipalités de la région ont combattu les flammes au centre-ville de Magog. Trois immeubles abritant six commerces et 15 logements ont été rayés de la carte tandis qu’un quatrième édifice a été endommagé. Un pompier a également fait une chute de trois étages, mais a eu la vie sauve.

« Ça a été un feu important. Un effet de lance-flamme s’est produit à cause du vent et les flammes ont pris beaucoup d’ampleur à cause de ça. Sans le vent, peut-être qu’on aurait pu sauver tous les immeubles », affirme Sylvain Arteau.

Tout a commencé avec la chute d’un poteau électrique, probablement en raison des rafales de vent observées le jour du sinistre. Quelques instants plus tard, des personnes résidant dans un immeuble de la rue Daragon apercevaient de la fumée dans leur logement.

Puisque les pompiers de la caserne un se trouvent alors au lac Lovering, ce sont leurs confrères du secteur Southière qui sont dépêchés au centre-ville. Une série de nouvelles alarmes sont déclenchées dans les minutes qui suivent afin qu’un maximum de sapeurs se déplacent vers le brasier.

« Au début, on allait simplement sur la rue Deragon pour un poteau électrique tombé. Notre camion-pompe de la caserne un était au lac Lovering pour une autre intervention à ce moment-là. En plus, rendu sur les lieux de l’incendie, on a dû sauver une personne coincée dans l’édifice en feu. Les circonstances ont fait que les flammes ont pris de l’avance. Disons que ça n’a pas aidé même si on n’a jamais perdu le contrôle. »

Sylvain Arteau

« Miraculeux! »

Bien sûr, le brasier du 16 octobre a causé des dégâts matériels majeurs. Mais personne n’a perdu la vie pendant l’intervention, ce qui en soi constitue sans doute une victoire pour les pompiers.

Le directeur du service de protection incendie de Magog admet cependant qu’un pompier de Sherbrooke a été très chanceux le jour de l’incendie. « J’ai pu le rencontrer et il est de retour à la santé après sa chute de trois étages. Imaginez, il était sans signes vitaux au départ. C’est carrément miraculeux! », lance-t-il.

Ayant déjà perdu des confrères de travail au cours de sa carrière, Sylvain Arteau n’aurait évidemment pas voulu qu’un pompier en devoir décède le 16 octobre. « C’est le genre de chose contre lequel on ne se fait pas de carapace », dit-il avec un brin d’émotion dans la voix.

Afin d’améliorer leur efficacité lorsqu’ils interviennent ensemble, les services de protection incendie de Magog et Sherbrooke « travailleront à arrimer » leurs méthodes de travail durant les mois à venir. « Et nous ferons le même travail avec d’autres municipalités de la région », remarque M. Arteau.

Celui-ci ajoute qu’un service incendie qui se respecte doit constamment avoir un plan de formation effectif. « Cet événement nous donne plein de pistes en ce qui a trait à la formation. »

Dépassement de soi

Malgré ce constat, Sylvain Arteau se montre très fier de la façon dont les hommes qu’il dirige se sont comportés lors de leur combat contre les flammes à l’angle des rues Principale et Deragon en octobre.

« Tous ceux qui ont été impliqués dans cette opération se sont dépassés et ont été des héros, si vous voulez mon avis. Pour plusieurs raisons, ça n’a pas été une intervention facile du tout. Mais on peut tout de même dire qu’elle a été un succès », soutient-il.

D’ailleurs, M. Arteau mentionne avoir reçu plusieurs témoignages de citoyens satisfaits du travail des pompiers depuis le sinistre. « Notre service a eu droit à une ovation debout avant un match des Cantonniers. Notre objectif est d’aider les gens alors ça fait plaisir de recevoir du positif. »

Sylvain Arteau est toutefois conscient que des gens ont tout perdu lors du sinistre. « Heureusement pour eux, il y a eu une mobilisation comme j’en ai rarement vue pour les aider », conclut-il.