Lixiviat du site de Coventry : Newport reprendra le traitement

MAGOG — Le traitement du lixiviat en provenance du site d’enfouissement de Coventry, une municipalité située dans l’État du Vermont, reprendra à l’usine d’épuration de Newport. Le conseil municipal de Newport a en effet décidé de faire marche arrière, cédant ainsi aux pressions exercées par la compagnie Casella Waste Management et l’Agency of Natural Resources.

La municipalité de Newport a modifié sa décision concernant le traitement du lixiviat provenant de Coventry à l’occasion d’une assemblée publique tenue lundi soir. Plusieurs représentants de la compagnie Casella Waste Systems et de l’Agency of Natural Resources étaient présents à cette rencontre.

Les membres du conseil ont procédé à un vote pour statuer. Puisqu’il y avait égalité, le maire Paul Monette a dû trancher et il a évalué que sa municipalité devait recommencer à traiter le liquide toxique recueilli sur les terrains de l’unique site d’enfouissement existant au Vermont.

Président de l’organisme Memphrémagog conservation inc. (MCI), Robert Benoit a assisté à l’assemblée publique de lundi. Il a évidemment été déçu de constater que Newport faisait marche arrière seulement quelques semaines après une décision opposée.

« On a pu voir la force économique du dossier à l’œuvre lors de cette assemblée. Casella est une compagnie qui a 700 millions $ de chiffre d’affaires. Son personnel connaît bien le système au Vermont et sait comment intervenir », explique M. Benoit.

Le président du MCI a de plus été surpris de constater que des représentants de l’ANR ont publiquement pris la défense de Casella Waste Systems, qui est propriétaire de New England Waste Services of Vermont. « Ils endossaient les propos de la compagnie et contestaient notre point de vue. C’était un peu spécial », soutient-il.

Malgré la décision de Newport, Robert Benoit ne lance pas la serviette. « Je suis un grand garçon et je sais que, à un certain moment, d’autres éléments joueront en notre faveur. On n’abandonne pas. Pas question! »

Membre du groupe Don’t Undermine Memphremagog Purity (DUMP), Henry Coe a pour sa part le sentiment qu’une entorse à la démocratie a été commise lundi. « Des gens du gouvernement supérieur, celui de l’État du Vermont, sont venus demander à une organisation d’un palier inférieur d’iinfirmer sa décision. C’est la démocratie à l’inverse à mon avis », estime-t-il.

M. Coe est d’autant plus déçu qu’il juge l’usine d’épuration des eaux de Newport mal conçue pour traiter le lixiviat d’un site d’enfouissement semblable à celui de Coventry. Il croit que ses rejets dans le lac Memphrémagog, un réservoir d’eau potable pour plus de 150 000 personnes en Estrie, sont potentiellement toxiques.