Lionel Carmant

Listes d’attente de la DPJ en Estrie: 4,7 M$ et 40 nouveaux intervenants

L’Estrie reçoit une part importante des fonds annoncés jeudi pour soutenir le système de protection de la jeunesse qui vit une crise au Québec.

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, annonce que la région reçoit 4 742 000 $ supplémentaires pour donner un peu d’oxygène au réseau.

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L’argent servira entre autres à ajouter 40 nouveaux intervenants de la DPJ sur le territoire estrien. Ceux-ci pourront répondre à la demande des 481 enfants présentement en attente d’évaluation.

Pour mieux protéger les enfants vulnérables, le ministre Carmant a annoncé jeudi qu’il allait injecter une somme supplémentaire de 47 millions $ dans le système de protection de la jeunesse québécois.

Cet argent doit notamment servir à embaucher près de 400 professionnels, ce qui devrait permettre de carrément éliminer les listes d’attente sur lesquelles se trouvent les enfants à l’étape de l’évaluation des signalements par la DPJ, espère le gouvernement québécois.

L’annonce survient au lendemain du dévoilement de l’enquête interne menée à la suite du décès tragique d’une fillette de 7 ans à Granby, en avril, par le CIUSSS de l’Estrie – CHUS.

Les 47 millions $ ont été répartis par région, en termes de sommes allouées ainsi que du nombre d’employés à embaucher. Les régions de Montréal (8 227 000 $) et de la Montérégie (6 533 000 $) reçoivent la part du lion, avec l’ajout de 66 et 53 nouveaux intervenants, respectivement.

Quant au manque de personnel pour combler les postes, le ministre Carmant croit que l’annonce de jeudi va en partie régler le problème : en ajoutant de nouveaux employés, cela allégera la tâche de ceux déjà en poste, rendant possible leur rétention. Il dit aussi miser sur les finissants, notamment en travail social, pour pourvoir les postes qui seront bientôt affichés.

Ces emplois seront valorisés, a-t-il martelé.

« Premier pas »

En injectant ces nouveaux fonds, M. Carmant a dit ne pas avoir l’intention d’attendre les conclusions de la Commission Laurent, mais, s’il le faut, d’autres actions seront prises, promet-il.

« C’est un premier pas pour nous. »

Cette Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, dirigée par Régine Laurent, a récemment été mise sur pied et devrait débuter ses travaux cet automne. Elle a le mandat de revoir toute l’approche gouvernementale pour venir en aide aux enfants vulnérables.

De nombreuses voix se sont élevées récemment pour que les ressources de la DPJ soient bonifiées. Des lacunes avaient été mises en lumière notamment par le triste cas d’une fillette de sept ans de Granby, bien connue de la DPJ de l’Estrie, qui avait succombé à ses blessures après avoir subi de mauvais traitements à répétition.

Le Québec a dépassé le cap des 100 000 signalements annuels — une hausse de plus de 17 pour cent par rapport à l’année 2016-2017 — laissant des milliers d’enfants vulnérables sur des listes d’attente pendant des mois.

« C’est un premier pas, mais il faut bien comprendre que c’est nettement insuffisant pour offrir les services dont ont besoin les enfants vulnérables. Ce pas devra être suivi de plusieurs autres pour que le ministre puisse considérer la mission accomplie pour ce dossier », a réagi la présidente de l’APTS, Carolle Dubé, après l’annonce du ministre Lionel Carmant.

Pour l’APTS ce premier geste significatif de la part du ministre Carmant, bien qu’il soit bienvenu, doit être accompagné d’autres mesures pour améliorer les conditions d’exercice des intervenants qui travaillent à la protection de la jeunesse. Il en va de l’attractivité de la profession et de la rétention du personnel qui est au bout du rouleau, épuisé par des demandes toujours plus nombreuses.

Le syndicat évalue pour sa part qu’il manque environ 270 millions $ dans les services à la protection de la jeunesse pour pouvoir répondre à l’augmentation des signalements des dernières années et revenir à une proportion acceptable de cas traités par chaque intervenant. Avec la Presse canadienne