Professionnels, gens du milieu communautaire et gens issus de la diversité culturelle se sont rencontrés pour échanger au centre culturel de Weedon vendredi, afin d’outiller les intervenants et créer un climat favorable à l’intégration dans les milieux ruraux.

L'intégration passe par l'ouverture

WEEDON — L’intégration des personnes immigrantes dans les communautés rurales passe par les gens qui y vivent. Voilà la conclusion tirée du colloque sur la ruralité et la diversité culturelle tenue à Weedon hier à l’initiative de la Corporation de développement communautaire (CDC) du Haut-Saint-François.

Malgré les nombreuses absences dues à la tempête de neige, les participants ont tenu des discussions profondes et constructives sur l’intégration des gens issus de la diversité culturelle et à s’outiller pour mieux accomplir cette tâche collective.

« Étant donné qu’il n’y a pas encore d’agent d’intégration sur le terrain dans le Haut-Saint-François, c’est aux citoyens de prendre ce rôle. Ça prend une ouverture de la communauté d’accueil envers ses nouveaux arrivants dans toutes les sphères de la vie, pas juste le travail, sans quoi ils retourneront à Montréal ou Toronto », plaide le directeur général de la Fédération des communautés culturelles de l’Estrie, Boubacar Cissé, en ajoutant qu’il est impératif d’intégrer les personnes issues de la diversité culturelle dans un cadre autre que celui du travail.

Le CDC du Haut-Saint-François, chef de file pour combattre l’exclusion sociale sur le territoire, a rempli sa mission en transmettant des principes de sensibilité et d’attitude positive envers les personnes issues de la diversité culturelle.

« Il faut vraiment mobiliser la communauté locale et donner aux intervenants les connaissances nécessaires pour qu’ils connaissent les enjeux que vivent les gens issus de l’immigration », continue M. Cissé. « C’est très beau de constater les échanges qui se sont produits lors du colloque. Pour que l’intégration des immigrants en milieu rural fonctionne et soit saine, il faut créer un milieu favorable à la cohabitation et à l’échange », conclut-il, fier de constater les progrès réalisés.

« Le but est de mieux faire connaître les personnes issues de la diversité culturelle à notre milieu, qui est rural », avait expliqué d’entrée de jeu la directrice du CDC, Jinny Mailhot. « Ça nous permet de mieux accueillir les personnes immigrantes dans notre communauté. On veut qu’ils deviennent nous. »

Dans l’optique de vouloir démystifier le phénomène des nouveaux arrivants issus de la diversité culturelle dans la région, il est nécessaire de faire connaître la réalité des réfugiés et des immigrants aux gens d’ici, ce qui permet d’améliorer par la suite les pratiques d’accueil de la communauté.

« On veut aussi donner des outils aux intervenants de notre territoire pour qu’ils soient en mesure d’avoir une sensibilité face aux personnes issues de l’immigration. Les présentations d’aujourd’hui nous ont fait échanger et connaître mieux les réalités des communautés présentes sur notre territoire, dont les communautés latines américaines et africaines. On a pu dissiper certains mythes par le fait même, dont celui que les réfugiés se font donner des choses », poursuit-elle.