Plusieurs citoyens de Weedon ont exprimé un avis favorable au projet de fabrication de cannabis médicinal.

Les Weedonnais ont encore des questions

Entre 200 et 300 citoyens de Weedon ont répondu, jeudi, à l'invitation lancée par les promoteurs du projet de fabrication de cannabis médicinal. Le stationnement de l'aréna était plein et la majorité des citoyens rencontrés par La Tribune était en faveur du projet économique.
« Je suis 150 pour cent favorable au projet parce que ça sera bon pour l'économie de la région. En plus, ça fait 50 ans que je suis en faveur de la légalisation du cannabis alors la production de cannabis médicinal est un pas dans cette direction », résume André Paré, citoyen de Weedon.
Certains ont profité de l'occasion pour remplir un formulaire de demande d'embauche pour obtenir un des 400 emplois qui devraient être créés au cours des 5 années suivant l'autorisation de Santé Canada. Mario Labrie, de Weedon, a ramassé une copie pour sa conjointe. « Je suis pour le projet, ça va donner du travail aux gens d'ici », explique-t-il.
Un petit groupe de citoyens avait encore des questions. « On aimerait en savoir plus parce qu'on demeure près de l'emplacement prévu pour le projet. On pensait en apprendre plus sur les étapes qui s'en viennent et les échéanciers », souligne Denis Bernier.
« Mais en général, on est d'accord avec le projet, car ça va donner du travail », enchaîne Lucienne Gagné.
Un citoyen de Sherbrooke s'était déplacé pour féliciter les promoteurs. Patrick McNamara croit au projet. La preuve est qu'il a acheté des actions de MYM Nutraceuticals.
Une certaine confusion demeurait dans l'esprit de certains Weedonais. « Si ça devient légal, on devra libérer tous les prisonniers accusés d'un crime lié au cannabis? » s'inquiète Diane alors que son ami ajoute que le projet est « trop dangereux ».
Une première audience publique avait eu lieu le 28 juin dernier. « Environ 250 citoyens y ont participé. On n'avait pas fixé un maximum de questions ni de temps pour la période de questions alors toutes les questions avaient été posées et répondues. Les doutes et les craintes avaient été dissipés », relate Fabian Garcia, directeur adjoint de Weedon.
Des retombées locales importantes
Pour réaliser le projet de production de cannabis médicinal à Weedon, les promoteurs se sont entourés de professionnels de la région et la mise en place d'un centre de recherche sur les nouveaux usages industriels du chanvre pourrait mener à la naissance de nouvelles entreprises dans le parc industriel de Weedon ou ailleurs en Estrie et au Québec.
« Le centre de recherche sur le chanvre tentera de développer des usages industriels pour le chanvre en matière d'alimentation humaine ou animale, de médecine vétérinaire, de produits cosmétiques, de matériaux de construction, de biomasse, de savon, de papier, de tissus corde, de matériau d'isolation et de litière », énumère le conseiller de MYM Nutraceuticals, Antonio Bramante rappelant qu'à une certaine époque, Henry Ford aurait fabriqué une voiture à partir du chanvre de cannabis.
La culture du chanvre à des fins industrielles pourrait mener au démarrage d'entreprises.
« Historiquement, le chanvre a constitué pendant des milliers d'années un moteur important dans le commerce partout dans le monde. Il a notamment servi à la fabrication de cordes et de filets de pêche dans la Chine ancienne », a souligné le président de CannaCanada, Yann Lafleur.
« Il est tant de réhabiliter le chanvre qui a longtemps été discriminé et de lui redonner ses lettres de noblesse », a-t-il renchéri.
Aussi, les promoteurs ont conclu des ententes avec le Centre de formation professionnelle de Coaticook - CRIFA pour des cours en ligne. Ils ont aussi convenu de rencontrer l'Université de Sherbrooke et Sherbrooke Innopole en septembre pour explorer des avenues de collaboration avec le consortium Vallée Verte. Des pourparlers sont également en cours avec le Cégep de Sherbrooke. « Nous allons former une nouvelle génération de travailleurs pour cette industrie de l'avenir », a lancé le maire de Weedon, Richard Tanguay.
Pour ce qui est des professionnels engagés dans la région, MYM Nutraceuticals et CannaCanada ont retenu les services de la firme d'ingénieurs BIGIS experts de Weedon pour les tests environnementaux et le Cabinet de relations publiques Nadeau Bellacance et la firme de création web Standish Design, de Sherbrooke, ont aussi obtenu des contrats.