Isabelle Quirion n’a qu’un seul enfant à son milieu de garde pour le moment. Elle en avait six avant la pandémie.
Isabelle Quirion n’a qu’un seul enfant à son milieu de garde pour le moment. Elle en avait six avant la pandémie.

Les services de garde non reconnus lancent un appel à l’aide

SHERBROOKE — Les services de garde non reconnus (PNR) interpellent le gouvernement pour avoir de l’aide puisque la situation actuelle est insoutenable et bon nombre d’éducatrices doivent opérer à perte selon l’Association québécoise des milieux familiaux éducatifs privés (AQMFEP).

« Le ministère exige un ratio de 50 % et ne compense pas la différence, explique Sophy Forget-Belec, présidente de l’AQMFEP. Dans le réseau subventionné, les éducatrices reçoivent leur plein salaire. Pour nous, ça représente une perte de revenu de 50 %. »

Plusieurs éducatrices se retrouvent donc à payer pour travailler selon l’AQMFEP qui compte un peu plus de 700 membres sur le millers de services de garde non reconnus du Québec.

« Si une éducatrice a trois enfants à 30 $ par jour, elle fait 1900 $ par mois en plus d’avoir des dépenses, souligne Mme Forget-Belec. Si elle ne travaille pas, elle recevra 2000 $ en plus de ne pas avoir de dépense. L’idéal c’est d’avoir un ou deux enfants parce que la PCU reste accessible, mais dès qu’on tombe à trois enfants, on travaille à perte. »

C’est le cas d’Isabelle Quirion de Drummondville qui a un seul enfant en ce moment. Elle est donc admissible à la PCU. La situation est toutefois loin d’être rose selon elle.

« Dieu merci. on a la PCU, mais la dernière est loin, lance-t-elle. On a eu de bonnes dépenses pour se préparer à la réouverture. Avec un enfant, je fais 150 $ par semaine. Je frôle le 500 $ de frais depuis le début pour m’équiper de masques et en équipement de protection et de désinfection. Il nous faut de l’aide sinon on ne pourra pas survivre. »


Sophy Forget-Belec

« On s’y attendait à devoir s’équiper nous-mêmes, ajoute Sophy Forget-Belec. On ne fait jamais partie des annonces du ministère de la Famille. On a dû se procurer le matériel et honnêtement le réseau non reconnu est mieux équipé en ce moment que le réseau reconnu. On est quand même satisfait d’avoir été laissé à nous même pour ça. »

De plus, si les parents décident de ne pas envoyer leurs enfants, les éducatrices ne reçoivent pas d’argent, et ce jusqu’à la réouverture des services de garde à 100 % qui est prévue pour le 22 juin. À partir de ce moment, les parents devront honorer leur contrat, même s’ils n’envoient pas leur enfant.

« Le 22 juin, c’est une date fictive selon ce qui va arriver dans les semaines avant et à Montréal ce sera plus tard », pense Mme Forget-Belec.

Selon les chiffres de l’AQMFEP, le lundi 11 mai, jour de la réouverture, 45 % des milieux de garde non reconnus n’ont pas ouvert leurs portes pour des raisons de santé ou pour des raisons économiques.

« On demande qu’ils nous aident financièrement, résume Sophy Forget-Belec. Les gens pensent qu’on veut être subventionné, mais non, on ne veut juste pas être à perte. On veut que les éducatrices travaillent pour pas que les parents ne se retrouvent sans garderie. »