Des funérailles devront être reportées en Estrie en raison des dispositions prises pour prévenir la propagation de la COVID-19.

Les rites funéraires chamboulés

L’interdiction de tenir des rassemblements vient chambouler l’horaire des funérailles dans la région. Les salons funéraires doivent prendre des mesures pour satisfaire les familles endeuillées.

À la Résidence funéraire Steve L. Elkas de Sherbrooke, on a vu des familles repousser des funérailles à des dates ultérieures. D’autres ont opté pour des cérémonies plus intimistes, explique Stephan Elkas.

« Des gens ont changé le mode de funérailles. Quand il est question d’une urne, c’est plus facile de repousser les funérailles. Dans le cas d’un corps, on doit tenir les funérailles. Ça peut être fait en privé, en présence de moins de personnes », dit-il.

« Les scénarios changent. C’est difficile de dire à quelqu’un qui vient de perdre un proche qu’il n’y a pas d’option. Nous travaillons aussi avec les paroisses pour la suite des choses. »

M. Elkas a pu observer en fin de semaine un changement de comportement des personnes dans son salon funéraire. Les poignées de main et les accolades, pourtant un naturel dans ce genre de situation, se faisaient plus rares.

« Nous avions disposé nos stations de lave-mains plus en évidence », souligne-t-il.

« Nous invitions aussi les gens à se déplacer pour discuter en petits groupes. Nous remarquions aussi que les gens demeuraient moins longtemps dans le salon. »

Du côté de la Coopérative funéraire de l’Estrie, on doit aussi composer avec des changements d’horaire. « Nous y allons au cas par cas. Ce qui est important pour nous, c’est que la personne décédée ne tombe pas dans l’oubli en raison de la crise du coronavirus, mentionne François Fouquet, directeur général. La personne ne doit pas partir dans l’indifférence. »

« On peut moduler les choses. Il y a moyen de faire des rituels différemment. Plusieurs inhumations peuvent être reportées dans le temps. »

Et puis, souligne M. Fouquet, il est difficile de tenir des rassemblements funéraires compte tenu des règles mises de l’avant par le gouvernement provincial. On ne peut regrouper plus de 250 personnes en un même endroit, on demande aux personnes de 70 ans et plus de limiter leurs sorties et plusieurs résidences pour aînés sont en confinement.

On doit aussi revoir les plans à l’Archevêché de Sherbrooke. Aux messes dominicales du samedi soir et du dimanche matin, on ajoute les autres célébrations. À l’invitation de l’Assemblée des évêques du Québec, les pasteurs doivent communiquer avec les familles qui avaient prévu une célébration de baptême, de funérailles ou de mariage dans les prochaines semaines pour leur demander de reporter l’événement.

« Souvent, ce sont les familles qui demandent de repousser les cérémonies. À la cathédrale, une cérémonie religieuse et une activité à la salle communautaire ont été remises », déclare Eliane Thibault, responsable des communications.

« C’est sans précédent. Nous avons questionné des prêtres plus âgés et ils n’ont jamais vu ça. »

Tous ces bouleversements ne seront pas sans conséquence pour les finances des paroisses, enchaîne Mme Thibault. « Il y aura un impact financier. Les gens payent pour ces services », déclare-t-elle.

« On ne pourra non plus tenir les quêtes lors des cérémonies. »