Plusieurs intervenantes de l’Estrie ont d’ailleurs pris part dimanche à une manifestation devant l’Assemblée nationale.

Les garderies se dressent contre le guichet unique

Les Responsables en services éducatifs en milieu familial (RSE) somment le nouveau ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, de réformer de fond en comble le guichet unique du ministère, qui permet aux familles de s’inscrire en ligne sur un seul site pour trouver un service de garde à leur enfant. Plusieurs intervenantes de l’Estrie ont d’ailleurs pris part dimanche à une manifestation devant l’Assemblée nationale.

Les travailleuses des RSE, qui sont affiliées à la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ), se sont fait entendre pour que le guichet unique, appelé La Place 0-5, soit gratuit pour leurs organisations et qu’il devienne volontaire.

L’Alliance des intervenantes en milieu familial de la région (ADIM Estrie) avait fait savoir le 14 octobre que d’après un sondage réalisé auprès de 215 de ses membres, 96 % se disaient insatisfaites de ce service.

« C’est un message sans équivoque que nos membres nous lancent. Le guichet unique alourdit leur travail et leur coûte des frais qui n’étaient pas prévus à notre entente collective », commente la présidente de l’ADIM Estrie, Marlène Carbonneau, par voie de communiqué.

Avec cette manifestation, les travailleuses espèrent interpeller le nouveau ministre de la Famille, Mathieu Lacombe.

« Je souhaite que le premier dossier sur sa pile soit le guichet unique », explique la présidente de la FIPEQ-CSQ, Valérie Grenon.

Notons d’ailleurs que 284 responsables en services éducatifs de l’Estrie ont déposé une mésentente individuelle contre le ministère de la Famille. M. Lacombe n’a cependant pas voulu commenter le dossier pour l’instant, étant donné qu’il vient d’être nommé à son poste.

Depuis septembre dernier, les RSE n’ont pas le choix de s’inscrire au guichet unique, et elles doivent payer leur admission au programme, ce qu’elles trouvent injuste puisque ce n’est pas prévu dans leur convention collective, a aussi plaidé la présidente de la FIPEQ-CSQ Valérie Grenon.

L’ancien gouvernement libéral avait imposé cette directive en mai 2018. Avant qu’elle n’entre en vigueur, seuls les Centres de la petite enfance (CPE) et les garderies privées subventionnées et non subventionnées étaient tenus de s’inscrire à La Place 0-5.

Le ministère expliquait dans un document que cette mesure permettrait « d’augmenter l’accessibilité aux places en service de garde en donnant la possibilité aux parents, par une seule démarche, d’inscrire leur enfant auprès des prestataires de services de garde qui les intéressent ».

Selon le syndicat, cette mesure réduira plutôt les revenus des RSE d’environ deux millions $ pour la première année, et d’un million $ l’année suivante.

Les RSE déplorent également la structure du guichet unique, qui selon elles ne convient pas aux travailleuses qui s’occupent de garderies en milieu familial.

« Nos RSE sont des travailleuses autonomes. Dans leur entente collective, elles peuvent utiliser les moyens qu’elles veulent pour aller chercher leur clientèle. Et là, il y a obligation d’utiliser le guichet unique », indique aussi Mme Grenon.

L’organisation a entamé plusieurs recours devant les tribunaux pour contester l’implantation du programme, ainsi que ses frais. Avec La Presse canadienne