Michael Page et Martin Primeau

Les deux maires de Hatley ouverts à une fusion

Une fusion entre North Hatley et Canton de Hatley pourrait être envisageable à court ou moyen terme, tel que le suggère le député d’Orford, Gilles Bélanger. Les maires des deux municipalités, Michael Page et Martin Primeau, demeurent prudents en parlant de cette éventualité, mais sont tous deux ouverts à approfondir l’idée.

Il y a environ deux ans, le conseil municipal de North Hatley avait adopté une résolution par laquelle il se déclarait prêt à commander une étude sur une éventuelle fusion avec Canton de Hatley. Les coûts de l’étude auraient été assumés par Québec.

Informés du souhait de leurs collègues, les élus du canton avaient cependant refusé de s’associer à la démarche. Cela avait fait mourir le projet dans l’œuf.

« Mon conseil à l’époque n’a pas donné suite à la résolution, se souvient Martin Primeau. Mais, personnellement, j’aurais voulu une étude sur l’impact d’une fusion. À la base, je trouve que l’idée d’un regroupement est bonne. »

M. Primeau souligne que le territoire du Canton de Hatley ceinture en partie North Hatley et que les citoyens des deux municipalités vivent ensemble au quotidien.

En dépit de son intérêt véritable pour le projet, le maire du Canton de Hatley se doute bien que la fusion n’est pas une solution miracle. Il souhaite donc toujours obtenir plus d’information et de données afin de prendre une décision pleinement éclairée.

« Gilles Bélanger amène ça en parlant des bienfaits économiques. Mais j’aimerais savoir ce que ça impliquerait réellement au plan fiscal. Chez nous, il y a des gens qui ont fait le saut quand certains ont dit qu’une fusion permettrait d’éviter la réalisation d’un gros projet immobilier à North Hatley en réglant les difficultés financières du village. Ça ne m’aide pas lorsque les choses sont présentées de cette façon », confie-t-il.

« Ça prend une étude »

Michael Page affirme pour sa part que sa municipalité « ne veut rien forcer ». Mais il insiste sur l’importance de réaliser une étude afin de savoir si une fusion constituerait un projet porteur. « C’est vrai que ça n’a pas toujours fonctionné, les regroupements au Québec. Ça prend donc une étude », lance-t-il.

D’ailleurs, il se demande pourquoi les élus du Canton de Hatley avaient refusé la réalisation d’une simple étude durant les mois ayant précédé les élections de 2017. « Avaient-ils peur de perdre leur identité? Selon ce que j’avais appris, le nom de la future municipalité était un enjeu. Mais ce n’est pourtant pas l’élément le plus important à considérer. »

D’après M. Page, la question fiscale serait la principale à considérer avant d’enclencher une fusion. « Certainement que, à long terme, ce serait bien au plan financier. Il faut par contre être conscient que les deux territoires conserveraient chacun de leur dette au lendemain d’un regroupement », note-t-il.

Le maire de North Hatley souligne en passant que sa municipalité et celle de son collègue Martin Primeau travaillent déjà ensemble dans plusieurs dossiers. Les partenariats qu’elles ont mis en place concernent en outre l’eau potable, les matières résiduelles, les pompiers et les loisirs.

Gilles Bélanger

Bélanger a fait des heureux

Opposant farouche au projet immobilier prévu au centre de North Hatley, Michael Grayson a accueilli avec satisfaction les propos récents du député d’Orford, Gilles Bélanger, concernant ce dossier controversé.

« Nous sommes allés rencontrer M. Bélanger avant les fêtes et il nous a bien écoutés, indique M. Grayson. Il souhaite la tenue d’une commission parlementaire concernant la construction en zone inondable et j’appuie cette demande de sa part. »

Rappelons que, ces derniers jours, le député d’Orford a révélé qu’il n’était pas favorable à la construction en zone inondable, notamment parce que les changements climatiques risquent d’engendrer des crues plus nombreuses. Le projet des élus de North Hatley d’autoriser la construction de dizaines d’unités habitation au centre de leur village, dans un secteur où les inondations sont fréquentes, ne lui plaît donc pas.

Michael Grayson est cependant plus réservé lorsqu’on lui demande ce qu’il pense du projet de fusion entre North Hatley et le Canton de Hatley, proposé par Gilles Bélanger.

« Je pourrais être favorable, mais à certaines conditions : il faudrait que la langue anglaise soit respectée par la municipalité fusionnée, que le projet au centre du village disparaisse et qu’on reprenne tout le dossier du développement du cœur villageois à partir du début », énumère M. Grayson.

Notons que le maire de North Hatley doit bientôt rencontrer M. Bélanger. Diverses questions touchant à l’avenir du village seront abordées lors de leur rencontre.