L’édifice de l’ancienne Caisse Populaire Desjardins de Notre-Dame-de-Fatima, qui s’appelait encore dernièrement la Caisse Desjardins des Hauts-Cantons, sur la rue Salaberry (qui est aussi la route provinciale 204) du quartier Fatima, et dont le comptoir de services vient d’être fermé. Il ne reste qu’un seul guichet automatique de nouvelle génération, qui a remplacé les deux guichets qui y étaient installés depuis plusieurs années. À remarquer devant la façade le panneau indiquant que l’édifice est à vendre.

Les coupures de services de Desjardins mécontentent

La fermeture de comptoirs de services et la disparition de guichets automatiques, dans certaines municipalités fait des mécontents dans la région de Mégantic.

Ainsi, les citoyens de Piopolis, Sainte-Cécile-de-Whitton et Saint-Romain ont vu disparaître dernièrement leurs guichets automatiques Desjardins, alors que les comptoirs de services du quartier Notre-Dame-de-Fatima à Lac-Mégantic et de la municipalité de Audet ont été fermés.

De plus, les heures d’ouverture de celui de Lac-Drolet et de Saint-Augustin-de-Woburn ont été réduites. En ce qui concerne Saint-Sébastien, son comptoir de services a été maintenu, probablement à cause de son éloignement, mais on a dit non au guichet automatique qu’on y réclamait.

Directeur général de la Caisse Desjardins de Lac-Mégantic – Le Granit, qui regroupe presque l’ensemble des établissements de la MRC, Dominic Gagnon affirme que Desjardins ne vit pas d’onde de choc, malgré les fermetures. « C’est une fusion assez grande qui s’est faite le 1er janvier 2018. Ce qui donne une très belle caisse, avec 1,4 milliard $ de volume d’affaires », indique-t-il avec une fierté évidente.

« Nous avons fait beaucoup de choses pour bien informer nos membres de la situation. À la base, c’est l’utilisation des comptoirs de services qui a beaucoup diminué, soit l’achalandage. Il y avait 13 pour cent moins de transactions aux guichets, 18 pour cent de moins aux comptoirs, et 43 pour cent plus avec Accès D, sur Internet. En avril 2019, nous avons révisé tout notre réseau et, cet automne, les décisions qui s’imposaient ont été prises par les administrateurs de la Caisse de Lac-Mégantic – Le Granit », plaide M. Gagnon.

Celui-ci affirme que toutes les Municipalités touchées ont été rencontrées pour expliquer la situation et que les transformations ont reçu l’aval des membres en assemblée générale. « Il n’y a pas eu de perte d’emploi, les employés des comptoirs de services ont tous été relocalisés, fait-il valoir. On a aussi regardé la notion de proximité, comme Piopolis et Audet, qui sont proches de Lac-Mégantic. Plusieurs actions ont été entreprises, des rencontres d’informations ont été tenues à Sainte-Cécile-de-Whitton, Audet, Piopolis, Saint-Romain, où nous avons accompagné les gens face aux nouvelles options. Nous avons scruté les habitudes de consommation des résidants, le nombre de transactions qu’ils effectuaient. Même si les gens sortaient de l’argent de leur guichet à Piopolis ou Sainte-Cécile-de Whitton, ils n’avaient à peu près pas d’endroits dans le village pour le dépenser! »

« On a eu de l’empathie pour nos membres. C’est faux de croire que nous n’avons pris que des décisions d’ordre administratif, reliées à la rentabilité, reprend M. Gagnon. C’est l’utilisation des services qui justifie davantage ces décisions. Un guichet est rentable quand il s’y effectue 5000 transactions environ par mois. À Piopolis, cela avait chuté à environ 300 transactions par mois, et 700 à Sainte-Cécile. Un guichet peut accueillir 12 000 transactions par mois. Des alternatives existent pour amoindrir les désagréments des gens, comme nous étions prêts à payer le transport collectif pour des accompagnements, la Caisse mobile Desjardins, l’Accès D mobile avec formations au besoin, le paiement Accès D chez le marchand, le dépôt mobile sur application de téléphone intelligent. Nous sommes l’institution la plus présente dans la MRC, notre compétition n’ayant qu’un seul comptoir de services et un guichet. »

Piopolis, un milieu particulier depuis 2011

À Piopolis, Spomenka Adzic s’est sentie délaissée, comme plusieurs membres de cette petite communauté de 357 personnes quand la caisse populaire a fermé. Elle tient le Magasin général à l’intérieur duquel se trouvait le guichet automatique avec assistance par ordinateur, un projet pilote abandonné depuis.

« Nous avons quand même une grande fierté d’avoir offert un service spécial à notre population, une commodité révolutionnaire, accessible, que d’autres communautés nous enviaient et voulaient chez eux, et qui a été appréciée par la population et par les touristes durant l’été. Car la population passait alors à 1500 personnes », spécifie-t-elle.

« Nous avions des choses à dire aux rencontres d’informations tenues par Desjardins. Nous, on a pensé à la communauté, nous avons eu une capacité d’adaptation. On s’adapte pour le mieux. Nous avons apprécié le partenariat que Desjardins nous a permis de vivre. Qu’est-ce qu’on va perdre ensuite? Oui c’est difficile, mais il faut penser positif. C’est douloureux, mais c’est la vie! », philosophe Spomenka.

Lac-Drolet favorisée?

Le maire de Lac-Drolet, Michel Ouellet, qui a été directeur de caisse dans le passé, est bien placé pour comprendre les motivations des administrateurs de la Caisse Desjardins de Lac-Mégantic – Le Granit. Son comptoir de services de Lac-Drolet n’a subi qu’une réduction de ses heures d’ouverture. « Je suis quand même surpris qu’il n’y ait pas eu de remise en question. C’est une décision d’affaires du Mouvement Desjardins, jusqu’à un certain point, et rien n’est comme avant. Si cinq pour cent seulement de la clientèle se sert encore d’un comptoir, c’est normal qu’il en vienne à disparaître. C’est la logique des affaires. »