Le grand public était invité à visiter les Couloirs de la violence amoureuse afin de comprendre les signes.
Le grand public était invité à visiter les Couloirs de la violence amoureuse afin de comprendre les signes.

Les couloirs de la violence amoureuse ouverts au grand public

Cynthia Laflamme
Cynthia Laflamme
Initiative de journalisme local - La Voix de l'Est
La violence amoureuse est insidieuse, apparaissant tranquillement, au même rythme que s’installe le contrôle du partenaire de vie sur la victime. Qu’elle soit psychologique, verbale, physique ou sexuelle, la violence n’a pas sa place dans un couple. C’est ce qu’ont découvert samedi les 25 adultes ayant visité Les couloirs de la violence amoureuse, une activité présentée aux adolescents de secondaire 4 et 5 l’automne dernier.

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« C’est la première fois qu’on ouvre au public », indique Julie Roy, chargée de projet pour la politique d’égalité de la Ville de Granby. L’outil de prévention, qui présente la spirale de la violence amoureuse dans un jeune couple formé de Marie et de Ben, permet de transposer les situations à l’âge adulte.

Les deux amies Diane et Diane ont visité ensemble les couloirs, avec l’intervenante et animatrice Geneviève Dessureault, de Ressource pour hommes de la Haute-Yamaska.

« C’est comme si j’avais effectué un bond dans le passé, quand j’avais 16-17 ans, raconte l’une d’elles. Les questions que Marie se pose, je me les posais. J’ai vécu 10 ans avec cet homme là. Et ça te suit toute ta vie. Ça part mal ta vie. »

Elle est sortie de cette relation avant que la violence psychologique et verbale ne devienne physique, mais les blessures demeurent vives. Aujourd’hui célibataire, elle a craint de revivre de la violence.

Être témoin

Les éléments présentés lors de l’activité et les outils offerts à la toute fin peuvent permettre à une personne de réagir promptement lorsqu’elle constate qu’une amie, une enfant ou une petite-fille vit de la violence amoureuse.

La question de respect est également au cœur de l’animation.

« Il y a des outils pour les proches, les témoins, explique Carmen Paquin, directrice de la Maison d’hébergement Alice-Desmarais, l’un des nombreux partenaires du projet. On connaît tous quelqu’un, à un moment donné, qui vit ce genre de situation là. On se demande comment on peut l’aider. »

Geneviève Dessureault raconte que les jeunes pour qui elle a animé Les couloirs de la violence amoureuse, l’automne dernier, étaient tous scandalisés de voir l’attitude de Ben, le personnage masculin de l’histoire.

L’un d’eux a même reconnu le comportement d’un père, se souvient-elle. Un homme est venu la voir chez Ressource pour hommes en lui disant que son fils, après qu’il ait participé à l’activité, lui avait fait réaliser qu’il avait des comportements violents. Il est allé chercher de l’aide avec une belle ouverture, se souvient-elle.

L’outil de sensibilisation Les couloirs de la violence amoureuse était de passage à Granby pour la troisième fois. La Table de concertation pour contrer la violence faite aux femmes de la Haute-Yamaska et de Brome-Missisquoi organise cette activité tous les deux ans.