Jean-Philippe Bachand, de la Commission scolaire des Sommets, Gilles Normand, de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke, Patricia Sévigny, vice-présidente du conseil des commissaires de la CSHC, Yves Gilbert, de la Commission scolaire des Hauts-Cantons, et Michael Murray, de la Commission scolaire Eastern Townships, ont présenté le contenu de leur mémoire dans les bureaux de La Tribune.

Les commissions scolaires poursuivent le combat

Toujours en quête d’appuis externes, les quatre présidents des commissions scolaires de la région de l’Estrie déposeront ce mardi un mémoire à l’Assemblée nationale sur le projet de loi 40. Ils désirent que le ministre Roberge retire le projet de loi visant à abolir les élections scolaires et à transformer les commissions scolaires en centres de services.

C’est donc un pas de plus pour Jean-Philippe Bachand, de la Commission scolaire des Sommets, Gilles Normand, de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke, Yves Gilbert, de la Commission scolaire des Hauts-Cantons (CSHC), et Michael Murray, de la Commission scolaire Eastern Townships, qui souhaitent ouvrir un dialogue avec le gouvernement.

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Dans le mémoire, les présidents rappellent les raisons pour lesquelles les commissions scolaires devraient selon eux être maintenues.

Ils dénoncent notamment la centralisation de la prise de décisions ainsi que la perte démocratique. Ils avancent de plus que le palier scolaire est le seul palier politique paritaire au Québec.

« Un conseil des commissaires est une safe place pour les femmes, un endroit ou elles se sentent à l’aise, souligne Patricia Sévigny, vice-présidente du conseil des commissaires de la CSHC. C’est un lieu de pouvoir et d’influence où elles peuvent apprendre à jauger leur propre compétence et leur propre assurance. Chez certaines femmes, ça ouvre la voie à d’autres paliers. La politique, c’est un monde masculin pour l’instant. Le palier scolaire permet de faire ce saut-là. Même si on pense que tout ça est derrière nous et qu’on a atteint l’égalité des chances, ce n’est pas le cas. »

La nouvelle structure proposée par le ministre Roberge n’est pas non plus adaptée aux écoles en milieu rural, selon Michael Murray.

« En région, la majorité des écoles ont moins de 100 élèves, explique-t-il. Les administrateurs ne sont pas à temps plein et nos directeurs d’écoles ont d’autres tâches. Ce n’est pas réaliste de leur remettre le fardeau administratif et de s’attendre à ce qu’ils fassent toujours leur tâche principale qui est d’être le leader pédagogique dans l’école et d’aider les jeunes enseignants à prendre leur rythme. C’est ce qui permet à l’éducation d’évoluer. De leur donner un fardeau administratif pour lequel ils n’ont jamais été formés risque de briser tout le système. »

Des appuis externes

Le projet de loi 40 devrait être adopté le 6 décembre, ce qui laisse très peu de temps aux commissions scolaires pour faire valoir leur point.

« Tous les commissaires ont été appelés à prendre contact avec leurs conseillers municipaux et leur maire, mentionne Patricia Sévigny. On n’a pas encore comptabilisé les appuis. »

La Ville d’East Angus a déjà donné son appui, selon Yves Gilbert. Les présidents ont aussi pris la parole lors du dernier conseil municipal à Sherbrooke.

« La majorité des municipalités font une assemblée par mois et ç’a été fait la semaine dernière dans plusieurs, donc on va recevoir des appuis dans les prochains jours, mais évidemment c’est à vitesse grand V que ça devra se faire », explique Jean-Philippe Bachand.

Ni l’Union des municipalités du Québec ni la Fédération québécoise des municipalités ne se sont prononcées encore dans le dossier. M. Gilbert espère que la population l’appuie dans cette démarche.

« Les gens ne veulent pas se mettre le gouvernement à dos, estime M. Gilbert. On a vu ce qui s’est passé avec l’immigration, les directeurs des Cégeps sont sortis pour dire que ça ne marchait pas comme projet. Il y a des gens qui sont sortis et on souhaite que les gens réalisent les dommages qui sont en train d’être causés en éducation. L’école publique appartient à la population et on est en train de l’enlever. »