Le Grand Chevalier André Dallaire et Guy Philippon, porte-parole du comité spécial pour la relocalisation des Chevaliers de Colomb, conseil 2043 de Lac-Mégantic, auront un local au sous-sol de leur nouvel édifice à vocation résidentielle et commerciale, dont ils ont fait l’acquisition avec les sommes récupérées de leurs assureurs et de l’aide gouvernementale. Après 100 ans d’existence en 2019, c’est avec beaucoup d’amertume qu’ils ont perdu une salle de réception idéale, en face du parc des Vétérans et du lac Mégantic, pour se retrouver dans la cave d’un édifice à logements! Leur mission de bienfaisance sera appelée à évoluer.

Les Chevaliers de Colomb se résignent à un nouveau toit

LAC-MÉGANTIC — Même si les Chevaliers de Colomb de Lac-Mégantic ont traversé maintes péripéties depuis la tragédie du 6 juillet 2013, ils sont encore en activités quoique un peu amers de la tournure des événements.

« On est encore en vie! » résume d’un ton sarcastique le Grand Chevalier du conseil 2043, André Dallaire.

Leur ancien édifice du centre-ville, faut-il le rappeler, n’a pas été détruit lors de la nuit funeste, et leur terrain, qui faisait face au majestueux lac Mégantic, n’a pas non plus été contaminé. Mais leur propriété a été rachetée et l’édifice démoli, comme plusieurs autres pour permettre la reconstruction du centre-ville, et ils ont perdu différents biens durant les longs mois de confinement.

Depuis plus de cinq ans, ils ont fait des pieds et des mains pour relancer leurs activités. Ils ont présenté des déjeuners-bénéfices à la polyvalente Montignac et, dans une moindre mesure, au Centre sportif Mégantic.

« Avec notre salle de réception du boulevard des Vétérans, avec le lac en face et le parc où les nouveaux mariés se faisaient prendre en photos, nous pouvions redonner de 30 à 40 000 $ par an à toutes sortes d’organismes communautaires et de bienfaisance », fait valoir le Grand Chevalier.

« Durant ces cinq années, il y a eu toutes sortes de tentatives de partenariats avec des promoteurs, différents projets de complexes hôteliers, entre autres, avec d’autres projets qui devaient se construire, comme Le Colibri, Le Concerto, la FADOQ… Le plus proche que nous sommes venus de nous relocaliser, c’est quand il a été question d’acheter le Cinéma Mégantic. Mais nous allions perdre (une compensation financière de) 400 000 $ parce que le Cinéma est situé à Frontenac », relate Guy Philippon, un membre des Chevaliers de Colomb qui a agi comme porte-parole d’un comité créé pour gérer la relocalisation.

« Nous avons ainsi vécu toutes sortes de tractations et, pour toutes sortes de raisons, tout s’est soldé par des échecs. Jusqu’à nous faire dire, cavalièrement, par un conseil municipal précédent : « Votre terrain est réservé pour le projet d’un hôtel! » »

Bien sûr, leurs assurances les ont compensés et ils ont eu de l’aide du ministère des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT), mais avec l’obligation de réinvestir sur le territoire de Lac-Mégantic et ce, avant le 31 octobre 2018. Il aurait fallu contracter un emprunt pour amasser les 1,4 million $ nécessaires pour reconstruire, mais sans la salle de quilles qu’ils possédaient auparavant, la rentabilité s’annonçait beaucoup plus difficile à atteindre. « C’était bien en deçà des capacités financières de notre organisme, dont les membres sont vieillissants et pour lequel la relève se fait attendre », déplore M. Philippon.

« Les options ont été très nombreuses, mais cela n’a jamais fonctionné… Sans compter les 50 000 $ investis pour rien, au final, pour toutes sortes de plans et devis et frais d’architectes en vue d’une relocalisation éventuelle. »

Dans les circonstances, l’ultime solution fut d’acheter un édifice existant, résidentiel et commercial, pour rentabiliser minimalement une relocalisation difficile, avec profits limités à remettre à des organismes communautaires. Ils ont acquis un édifice nouvellement construit, propriété de Maryse Boucher, du commerce O’Sens, sur le prolongement du boulevard des Vétérans, sans vue sur le lac, soulignent les deux hommes.

« Nous allons célébrer nos 100 ans à Lac-Mégantic en 2019 et c’est désolant de partir d’un endroit idéal que nous avions face au parc et nous retrouver dans le sous-sol d’un bloc à appartements. C’est honteux! » conclut Guy Philippon.