Il existe bien peu d’endroits à part les routes pour tenir des entraînements de ski de fond quand il n’y a pas de neige.

Les automobilistes font la vie dure aux fondeurs

Les endroits pour pratiquer le ski à roulettes fondent comme neige au soleil pour les athlètes du Club de ski de fond du parc du Mont Orford. Ceux-ci l’ont appris à leurs dépens il y a quelques jours lorsque des automobilistes leur ont mené la vie dure.

Alors qu’ils roulaient sur le Chemin Lamontagne nouvellement asphalté à Sainte-Catherine-de-Hatley, les membres de l’équipe de compétition du club d’Orford ont vu leur séance d’entraînement interrompue avec l’arrivée des policiers qui, selon leurs dires, répondaient à quatre plaintes. Durant leur entraînement, les athlètes locaux ont également dû subir les frustrations de certains automobilistes, dont une dame qui a eu le culot de s’installer tout juste derrière un adolescent en le pourchassant et en klaxonnant sans arrêt.

Gilles Lefebvre, qui entraîne l’équipe de compétition d’Orford, était encore estomaqué de la tournure des événements. « On ne dérangeait personne, surtout qu’il y a à peu près pas de circulation à cet endroit (Chemin Lamontagne). C’est à peine si on a croisé une poignée d’automobilistes. La limite permise est fixée à 70 kilomètres. Ce n’est pas un endroit pour faire de la vitesse. Je sais très bien que nous ne sommes pas dans la légalité en roulant en ski à roulettes sur le chemin, mais quand la police ne reçoit pas de plainte, elle laisse faire. C’est exactement ce qui se produit quand on s’entraîne sur la route 141 à la hauteur d’Orford. Si elle ne reçoit pas de plainte, la police n’intervient pas même quand elle passe sur les lieux. 

Nous sommes un club sérieux et notre priorité est la sécurité de nos athlètes. De toute évidence, il y en a qui ont la mèche courte. Je ne peux pas pointer personne en particulier, mais ça fait deux fois qu’on nous traite comme des irresponsables et des bandits presque sur le Chemin Lamontagne. C’est bien mal nous connaître. L’an dernier, lors de notre compétition à Sainte-Catherine-de-Hatley, je ne cacherai pas que l’accueil avait également été plutôt froid », déplorait Lefebvre.

La culture du sport

Entraîneur de ski de fond depuis presque deux décennies, un des mieux cotés au Québec et même au pays, Gilles Lefebvre constate que la culture du sport n’est pas la même partout. « On revient d’un camp d’entraînement sur la neige en Autriche et en Allemagne. Je peux vous dire que la cohabitation entre les automobilistes et les fondeurs en skis à roulettes est totalement différente d’ici. Tout le monde se respecte. Il y a des endroits au Québec où ça passe mieux que chez nous. Ça prend juste une volonté du milieu. Une volonté que je ne constate pas ici ou très peu sur notre propre terrain. Nos athlètes, on les aime quand ils montent sur le podium aux Jeux olympiques. Mais quand ils sont plus jeunes, qu’ils sont en plein développement, c’est comme s’ils étaient une plaie. Ça me fait penser à l’expression n’importe où, mais pas dans ma cour quand on doit s’entraîner sur la place publique. Ce serait pourtant si simple de s’entendre dans le respect de chacun », a fait valoir Lefebvre.

Tout indique maintenant qu’il n’y aura plus de sortie pour les athlètes du Club de ski de fond du parc du Mont Orford sur le Chemin Lamontagne à Sainte-Catherine-de-Hatley.

« C’est bien dommage, car c’était un endroit idéal pour l’entraînement estival des jeunes. Des montées en grand nombre sur cinq kilomètres d’asphalte, c’était parfait pour nous. Mais y retourner sans savoir ce qui nous attend, aussi bien se diriger dans le coin du mont Orford sur la 141. On ne courra pas après les contraventions et les amendes après tout », de confier Gilles Lefebvre.

Mentionnons que quelques fondeurs du club d’Orford figurent parmi les meilleurs espoirs à l’échelle nationale.