Jeudi, lors d’une conférence de presse virtuelle, l’Union des producteurs agricoles, la Table filière en aquaculture d’eau douce du Québec ainsi que Pisciculture de la Jacques Cartier inc se sont unis pour demander une aide d’urgence au ministre de l’Agriculture, André Lamontagne.
Jeudi, lors d’une conférence de presse virtuelle, l’Union des producteurs agricoles, la Table filière en aquaculture d’eau douce du Québec ainsi que Pisciculture de la Jacques Cartier inc se sont unis pour demander une aide d’urgence au ministre de l’Agriculture, André Lamontagne.

Les aquaculteurs du Québec sonnent l’alarme

Devant les canicules hâtives et la forte baisse d’achalandage dans les pourvoiries en raison de la pandémie de la COVID-19, les aquaculteurs du Québec demandent l’aide rapide du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, André Lamontagne, pour diminuer l’impact que cela aura à long terme sur leurs activités.

Lors d’une conférence de presse virtuelle jeudi, l’Union des producteurs agricoles (UPA), la Table filière en aquaculture d’eau douce du Québec (TFAEDQ) ainsi que Pisciculture de la Jacques Cartier inc. se sont unis pour partager leurs craintes face à l’entassement des poissons, l’augmentation des mortalités et l’importante perte de revenus qui en découle. 

« Une première aide gouvernementale d’un montant de 450 000 $ nous a permis de libérer 170 tonnes de poissons jusqu’à maintenant, mais nous sommes toujours aux prises avec 180 tonnes d’ombles de fontaine (truites mouchetées) et 37 tonnes de truites arc-en-ciel », explique Normand Roy, président de la TFAEDQ.

La solution proposée par les trois organisations est d’ensemencer rapidement l’omble de fontaine dans les cours d’eau publics du Québec encore prêts à en accueillir un certain nombre.

« On pourrait permettre aux familles québécoises de faire de la pêche récréative, de se nourrir [...] et par le fait même d’assurer la survie de notre secteur qui anticipe une perte de 2 M$ », explique M. Roy.

De son côté, le président de Pisciculture de la Jacques Cartier inc., Pierre East, s’inquiète de l’avenir des prochaines générations de poissons qui souffriront également de cet entassement. 

« On est au départ d’une filière de production qui se rend jusqu’aux pourvoiries et aux pêcheurs qui en profitent à leur tour. Si on nous laisse tomber, ce sera néfaste pour l’avenir de la pêche au Québec », croit-il. 

Selon Marcel Groleau, président général de l’UPA, l’aide demandée devrait être considérée comme un investissement public par le gouvernement du Québec. « Ces poissons deviendront un bien public. [...] Ce n’est pas une perte, c’est un investissement du gouvernement pour la société qui permettra d’aider plusieurs entreprises », soutient-il.

M. Groleau indique également que des cours d’eau qui pourraient recevoir l’omble de fontaine ont déjà été identifiés. Bien qu’il n’ait pas l’autorisation d’en parler davantage, il affirme que le respect de l’environnement est une priorité dans leurs démarches, mais qu’« il faut agir rapidement ».

« Le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, doit tabler rapidement sur un programme spécifique à la réalité des aquaculteurs, avec une possible participation du gouvernement fédéral. Il s’agit d’une situation exceptionnelle et la résilience a ses limites », a conclu M. Groleau.