Accompagnée de la députée de Richmond, Karine Vallières, la ministre Kathleen Weil a rencontré des membres de la communauté anglophone, jeudi, au marché public La mante du carré de Danville.

Les anglophones expriment leurs besoins à Kathleen Weil

Les anglophones de l’Estrie veulent que le gouvernement du Québec tienne compte de leur réalité lorsqu’il est question d’investir en santé, en éducation et dans la création d’emplois.

Ces préoccupations ont été au centre des discussions qui se sont tenues jeudi midi, à Danville, dans le cadre d’une table ronde impliquant des membres de l’Association des Townshippers, la ministre responsable des Relations avec les Québécois d’expression anglophone, Kathlee Weil, ainsi que la députée de Richmond, Karine Vallières.

Lors de cette rencontre, qui s’inscrit dans le cadre de la tournée qu’effectue la ministre Weil auprès des communautés anglophones du Québec, le président des Townshippers, Gerald Cuttings a rappelé que la santé, l’éducation et l’emploi faisaient partie des principales préoccupations soulevées dans un sondage mené auprès des quelque 1500 membres de cette organisation, fondée il y a 36 ans.

En matière de services de santé, M Cuttings a souligné que la communauté anglophone des Cantons de l’Est est majoritairement composée de personnes âgées et que, de ce fait, l’accès aux soins de santé en anglais devient de plus en plus préoccupant.

« Une des pistes de solution qu’on a déjà présentée au ministre (Gaétan) Barrette a été de créer, dans chaque établissement de santé, un comité chargé de s’assurer que les services sont disponibles (en anglais). Le ministre nous a dit qu’il était d’accord avec cette idée, mais on attend toujours... », a déploré M. Cuttings.

M. Cuttings s’est aussi dit préoccupé par l’exode massif des jeunes anglophones, souvent diplômés, qui ne parviennent pas à trouver un emploi correspondant à leurs aspirations dans la région.

« Il faut faire quelque chose pour retenir nos jeunes ici », a réclamé M. Cuttings. Une des façons d’y arriver, dit-il, serait de s’inspirer du concept « affirmative action » développé aux États-Unis à l’égard des travailleurs étrangers.

« Si le niveau de bilinguisme d’un travailleur anglophone n’est pas suffisant, il devrait exister un programme qui permet de maintenir la personne au travail tout en lui permettant de perfectionner son français », a précisé M. Cuttings, en voyant dans cette approche une façon de lutter contre la pénurie de main-d’œuvre.

La ministre Weil a indiqué que cette tournée avait pour but d’aller directement à la rencontre des communautés anglophones disséminées sur tout le territoire québécois et ce, avant la grande consultation officielle, prévue en 2018.

« Ce que je constate, c’est que plusieurs thèmes reviennent dans toutes les régions. Le fait que la masse critique ne soit pas assez importante fait en sorte que les programmes ne sont pas adaptés aux besoins », notamment en matière d’employabilité.