Les ambulanciers en grève à Asbestos

La grève des quelque 1000 ambulanciers syndiqués à la FTQ a débuté la nuit dernière, dans plusieurs municipalités du Québec, dont Asbestos.
Quelques heures avant le déclenchement effectif de la grève, mercredi soir, le Tribunal administratif du travail a d'ailleurs statué sur les services essentiels qui devront être maintenus durant le débrayage.
Ainsi, dans le cadre de cette grève, des véhicules ambulanciers ne seront plus affectés sur place lors d'événements sportifs ou pour le tournage de films. Les paramédics se déplaceront au besoin.
De même, ils refuseront de transporter, mais pour le retour seulement, le personnel infirmier et les équipements, lorsqu'il n'y a pas de patient à bord de l'ambulance. Pour revenir, ce personnel devra prendre un taxi.
De plus, ils ne laveront pas l'extérieur des ambulances sauf les gyrophares, clignotants, miroirs, fenêtres, feux de route et bandes réfléchissantes.
Le tribunal les a aussi autorisés à refuser de compléter les formulaires et les rapports de vérification du matériel et des fournitures médicales, sauf pour le moniteur défibrilateur, lors des vérifications effectuées au début du quart de travail.
D'autres moyens de pression toucheront également l'utilisation de certains codes de communication radio et la fréquence des pleins de carburant des ambulances.
«C'est sûr qu'on aurait aimé avoir encore plus de marge de manoeuvre, par contre, dans les circonstances, on est satisfait de ce qu'on a obtenu. Nous, on ne visait pas du tout les services à population. Ce qu'on visait surtout, ce sont des moyens administratifs et on les a obtenus», a résumé au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne David Gagnon, vice-président de la Fraternité des travailleurs du préhospitalier, section locale 592 de la FTQ.
Parmi les villes touchées, on note Repentigny, Beloeil, Boucherville, Lacolle, Acton Vale, Huntingdon, Granby, Val-d'Or, Senneterre, Asbestos, Pointe-à-la-Croix, Paspébiac et Baie-des-Chaleurs, de même que la Corporation des ambulanciers de la Mauricie.
Les points en litige portent sur les salaires, le régime de retraite et les horaires de faction, qui contraignent à demeurer de garde 24 heures sur 24 dans un rayon de moins de cinq kilomètres de la caserne, durant sept jours consécutifs sur 14.
Les négociations avec les employeurs sont rompues depuis le 4 janvier, a rapporté M. Gagnon.
Employeurs
Les entreprises ambulancières sont elles-mêmes aux prises avec un litige face au ministère de la Santé et des Services sociaux, avec qui elles signent leur contrat de service, et qui leur donne les budgets pour dispenser les services requis. Elles estiment ne pas avoir tous les outils en main pour négocier.
«Bien qu'on n'est pas en accord avec ce que les syndicats font pour perturber le service, on est obligé malheureusement de comprendre la situation, parce que le ministère s'est désengagé, sans convenir des nouvelles modalités de l'ensemble de la négociation», a expliqué Denis Perrault, directeur général de la Corporation des services d'ambulance du Québec, qui regroupe plus de 90 pour cent des employeurs hors de la métropole.
Pourtant, le ministère, de son côté, affirme leur avoir donné la marge de manoeuvre requise pour négocier et conclure des ententes satisfaisantes.
«On ne voit pas la lumière au bout du tunnel, en ce moment. On est face à un ministre de la Santé et des entreprises ambulancières qui se renvoient la balle constamment. Le ministre semble plus préoccupé à vouloir couper dans le budget des entreprises ambulancières. Et les entreprises ambulancières, de leur côté, semblent vouloir nous refiler la facture via nos négociations», a critiqué M. Gagnon.
Les conventions collectives sont échues depuis le 31 mars 2015, soit depuis bientôt deux ans.