Janie Duquette, dirigeante d’entreprise, auteure et conférencière, et Yolande Lemire, présidente des Agricultrices de l’Estrie.

Les agricultrices veulent leur place

«Le leadership et le pouvoir d’agir» était le thème de la Journée pour elles des agricultrices de l’Estrie. Rassemblées au parc historique de la Poudrière de Windsor vendredi, les membres se sont familiarisées avec les différentes façons de prendre leur place dans le monde agricole.

« Chaque fédération et syndicat affiliés à l’UPA a une journée d’information et de formation thématique. C’est une journée de réflexion sur la valorisation de la profession d’agricultrice et de redonner du pouvoir aux agricultrices afin qu’elles prennent une place, une position dans la gestion de l’entreprise », explique Yolande Lemire, présidente des Agricultrices de l’Estrie.

« C’est un défi pour les femmes de prendre davantage leur place en milieu agricole, un milieu encore considéré plus masculin. Elles ont encore de la difficulté à affirmer leur profession d’agricultrice et ont de la difficulté à se l’attribuer. Toutes les tâches qu’elles accomplissent font partie du métier d’agricultrice, que l’on pense à s’occuper de la comptabilité, de faire le train et de s’occuper d’autres tâches comme l’agnelage ou la mise en pot des produits maraîchers », ajoute la présidente.

L’implication volontaire au sein de l’entreprise va de soi pour la majorité des agricultrices. « Faire sa part pour le bien de l’entreprise sans demander rien en retour est dans la normalité des choses pour plusieurs d’entre elles », affirme Yolande Lemire.

Lyne Girard, copropriétaire de l’érablière Caséal à Milan et acéricultrice, profite de cette journée pour rencontrer ses semblables. « Le rassemblement, le réseautage et bien sûr les conférences m’ont amenée jusqu’ici. Je viens chercher des outils à ramener chez nous. Bien que l’on soit un grand groupe, nous sommes quand même isolées physiquement les unes des autres. »

Selon elle, il reste beaucoup à faire pour atteindre l’équité entre les hommes et les femmes. « On a beau dire qu’on est dans une société égalitaire, ce n’est pas vrai. Il faut continuellement revendiquer notre place. Par exemple, on dit encore « l’Union des producteurs agricoles». Les productrices ne sont pas nommées. Si l’union veut parler à l’agricultrice et ne m’interpelle pas, je ne me sens pas incluse dans le discours. En 2017, on est encore là! », déclare Lyne Girard.

Pendant la journée de vendredi, une conférence de Janie Duquette était proposée aux femmes. « Elle approfondit son concept des sept clés du pouvoir au féminin, dont celles qu’on pratique tous les jours, mais que l’on excuse en disant que c’est de l’empathie, de l’écoute et que c’est normal de le faire. En après-midi, le panel « Le pouvoir d’agir » regroupait l’animatrice Jessica Mackey, la conférencière Stéphanie Forcier et Mylène Vachon, de l’organisme Secours amitié.

« Les femmes repartent avec une valorisation d’elles-mêmes et avec des outils pour activer leur pouvoir d’agir dans leur quotidien et prendre place dans leur entreprise et leur communauté en s’impliquant dans des associations ou des comités, par exemple », assure Yolande Lemire.

En Estrie, 35 femmes sont membres de l’Association des agricultrices qui a comme mission de valoriser la profession d’agricultrice, de promouvoir l’équité et le désir de se développer au niveau entrepreneurial.