Des rues de Saint-Denis-de-Brompton sont si endommagées que les services d’urgences ont de la difficulté à les emprunter.

L’emprunt de 1,9 M$ irrite un citoyen de Saint-Denis

Des citoyens de Saint-Denis-de-Brompton déplorent la décision de leur conseil municipal d’emprunter 1,9 M$ pour réparer les rues, même si 379 d’entre eux se sont opposés à un prêt il y a quelques jours.

La municipalité a opté pour un règlement d’emprunt de près de 1,9 M$, alors qu’au départ, le projet était d’emprunter 5,1 M$. Comme cette nouvelle somme correspond à moins de 0,25 pour cent de la richesse foncière de la municipalité, il n’est pas assujetti au processus d’approbation référendaire.

« On voulait qu’ils retournent à la table à dessin pour qu’ils refassent leurs devoirs, mais la manière dont ils l’ont fait nous laisse un peu en interrogation, s’étonne Bertrand Fortier, un citoyen qui dit parler au nom d’un autre contribuable de Saint-Denis. Ils ont refait leurs devoirs en allant au maximum de ce qu’ils pouvaient faire comme emprunt sans demander l’autorisation ou sans passer par un registre référendaire », ajoute-t-il en affichant sa déception de ne pas avoir reçu de réponse ni d’accusé de réception à la lettre ouverte qu’il a diffusée en mars dans les pages de quelques journaux. Le maire affirme cependant avoir répondu aux questions au conseil municipal.

M. Fortier précise qu’il n’est pas contre la réfection des rues. « Cependant, on veut que ça se fasse de manière intelligente. Ce qu’on demande au conseil, c’est de voir les endroits où on peut couper » pour en arriver à un montant de 500 000 à 800 000 $ pour faire la réparation de ces rues cette année. Ils ont fait leurs devoirs, mais de façon un peu cavalière. C’est de passer par la porte d’à côté », analyse-t-il, irrité.

« Incompressible »

« Tout ce qui a été mis sur les taxes, c’est incompressible », répond pour sa part le maire de Saint-Denis, Jean-Luc Beauchemin, contacté par La Tribune.

« L’an dernier, on a perdu des véhicules jusqu’aux essieux, rappelle le maire. Ce n’est pas une question de confort routier, c’est une question de sécurité routière. C’est facile de mettre du sable, mais la fondation n’est plus bonne. Quand l’eau entre, ça ne s’irrigue plus sur les côtés, ça fait de la vase. Les véhicules incendies ne peuvent plus passer et c’est dangereux pour les ambulances. Je n’attendrai pas d’avoir une vie en danger. »

« Les gens voudraient payer pour qu’on répare devant chez eux, poursuit-il. Le principe de la municipalité, c’est que c’est communautaire. Quand la rue appartient à la Ville, toute la ville paie pour cette rue. »

Celui-ci trouve dommage de devoir expliquer une situation d’urgence, mais comprend la population. « Moi-même, je suis payeur de taxes. Je ne veux pas en mettre plus qu’il faut. Mais on fonctionne en communauté et la Ville doit prendre ça en charge. Peu importent les remarques, j’ai un rôle à jouer. Ils font une élection aux quatre ans. On ne les consulte pas pour chaque dépense. On fait des résolutions pour les aviser. Je n’ai pas à consulter toutes les fois que je veux lever le petit doigt », lance M. Beauchemin.

Cependant, les citoyens poursuivront leurs démarches. « On a l’intention d’envoyer une lettre au ministère des Affaires municipales et de l’Habitation pour expliquer la situation. Ce qu’on a compris, c’est qu’ils doivent avoir l’autorisation du Ministère pour emprunter le 1,9 million. Ils invoquent l’urgence, mais à ce que je sache, il n’y a pas eu de tremblement de terre ni d’inondations. On va agir de cette façon pour savoir si c’est correct d’emprunter des sommes d’argent équivalent à 0,25 pour cent alors que les gens ont signé un registre comme quoi ils ne voulaient pas d’emprunt », résume Bertrand Fortier.