Le marguiller Régent Charland et le curé Gilles Baril ont résumé la belle histoire de la verrière de l’église Sainte-Agnès à Lac-Mégantic.

L’église Sainte-Agnès cherche un maître verrier

Les Méganticois ont accès, quotidiennement s’ils le souhaitent, à une œuvre d’art qui vaut un million $… Dans le langage populaire, on parle du vitrail de l’église Sainte-Agnès, à Lac-Mégantic. Mais il faut dire la verrière de l’église, qui est un ensemble de vitraux. Elle couvre 45 mètres carrés et a une belle histoire.

Acquise en 1912 par le curé Joseph-Eugène Choquette, contre 3000 $ pour défrayer son transport de Londres à Lac-Mégantic et son installation dans l’église alors en construction, la verrière a été donnée par les Pères Jésuites de la paroisse « Immaculate Conception », de Londres, qui la croyaient détériorée et avaient décidé de la remplacer.

La valeur de la verrière, seulement couverte d’une épaisse couche de suie – à Londres, on chauffait au charbon –, était alors évaluée à 10 000 $. Aujourd’hui, 106 ans plus tard, la verrière vaut près d’un million et nécessite une restauration spécialisée pour la libérer de toute la saleté accumulée, au fil des ans, la réparer aussi de la pression à la longue du poids des pièces de verre les unes sur les autres, de la perte des joints de plomb qu’elle a subie, etc. La Fabrique de l’église Sainte-Agnès recherche donc un maître verrier à l’ancienne, un métier qui ne court pas les rues.

Un appel d’offres sera bientôt lancé au Québec, aux États-Unis, en Angleterre et en Allemagne pour dénicher un maître verrier qui pourra diriger les travaux, pouvant coûter plus de 200 000 $. La paroisse a déjà l’assurance d’une aide financière de 170 000 $ du ministère de la Culture du Québec. Une deuxième demande de subvention est en attente pour combler la différence.

« La verrière raconte une belle histoire, celle des ancêtres du Christ », rappelle Régent Charland, marguiller responsable de la restauration de la verrière. Le curé Gilles Baril, historien lui-même, porte un grand intérêt au projet.

« C’est l’arbre de Jessé, la généalogie de Jésus selon Saint-Mathieu, qui atteste que Jésus-Christ est un descendant du roi David, fils de Jessé, dont la plus ancienne représentation date de 1086. À cette époque, l’art du verre illustré a vu le jour dans les monastères pour l’enseignement de la bible, avant l’apparition de l’imprimerie en 1450, à Gutenberg. Cette verrière est la première œuvre de William Wailes, créée en 1849, et la plus importante en Amérique », se réjouit le curé Baril.

« Nous avons l’objectif, une fois qu’elle sera rénovée, de faire les démarches pour que notre église, qui est une véritable cathédrale, soit incorporée à un processus touristique régional, aussi intéressante à visiter, par les touristes religieux, que l’Oratoire Saint-Joseph, la Basilique Sainte-Anne-de-Beaupré et le Cap-de-la-Madeleine, entre autres », ajoute Régent Charland.

Cette reconnaissance touristique sera également justifiée par la restauration effectuée en 2017 de son orgue Casavant, au coût de 19 000 $, une pièce monumentale évaluée à 850 000 $, et après la rénovation de l’extérieur de l’église, incluant la toiture, qui a nécessité des investissements de plus d’un million $. On s’apprête à aborder des travaux de peinture à l’intérieur de l’église pour 2018-2019.

Rappelons ici que la mise en lumière extérieure de l’église, en 2017, a quant à elle remporté un prix international. L’église Sainte-Agnès a été un lieu de ralliement important de la communauté après la tragédie ferroviaire de 2013.