L’École Montessori Orford a reçu le spécialiste finlandais Aleksi Komu dans ses locaux vendredi. Sur la photo, on aperçoit le Finlandais en compagnie de Sylvie Desrosiers et Sylvie Gauvreau, respectivement directrices des Écoles Montessori Magog et Orford.

L'école en mode finlandais

Comment réinventer l’école? Voilà une question à laquelle plusieurs réfléchissent au Québec et ailleurs dans le monde. Le spécialiste de l’enseignement Aleksi Komu offre une réponse : placer l’élève au centre de la classe plutôt que l’enseignant. La Finlande a décidé de miser sur une telle approche et les résultats paraissent prometteurs.

Attaché à l’Université de l’Est de la Finlande, M. Komu offrait une formation d’une journée à l’École Montessori Orford vendredi. Il a témoigné de l’expérience finlandaise en matière d’éducation et offert diverses pistes de réflexion aux participants à la formation en ce qui concerne l’intégration des technologies de l’information et des communications dans l’enseignement.

Pour le spécialiste, il ne fait aucun doute qu’il faut transformer l’école afin qu’elle réponde mieux à la réalité du 21e siècle. Une révolution technologique est en cours et ses incidences sur les sociétés occidentales sont nombreuses, de là l’importance d’amorcer un virage.

« Aujourd’hui, on peut presque tout trouver sur internet, fait valoir Aleksi Komu. Mais il faut être capable comme individu de critiquer et d’utiliser l’information qui est disponible. La mémoire n’a plus la même importance et on mise sur le développement d’aptitudes. Il faut penser 21e siècle. »

Une réforme scolaire d’importance a été enclenchée il y a quelques années en Finlande. Elle va dans le sens de ce que suggère l’universitaire finlandais. Son application fait en sorte que les élèves sont moins souvent soumis à des examens et sortent davantage des écoles, sans compter que les outils informatiques se sont multipliés dans les classes.

« Un des objectifs est de faire en sorte que les élèves deviennent responsables de leurs apprentissages en se donnant eux-mêmes des buts et en s’autoévaluant, note M. Komu. Le développement de l’autonomie est favorisé. »

Évidemment, une telle approche peut sembler inquiétante lorsqu’on songe aux élèves plus faibles ou qui ont plus de difficulté à se motiver. Le système d’éducation finlandais paraît conscient des limites de son modèle, à ce chapitre, et a prévu un encadrement plus serré pour ce type de clientèle.

« On donne des problèmes ou des défis plus grands au plus forts alors qu’on diminue le niveau de difficulté avec les plus faibles, au besoin. Et les élèves ayant plus de difficulté ont droit à davantage de support. »

Au sujet de l’utilisation des outils informatiques, Aleksi Komu mentionne qu’il ne faut pas les intégrer avec pour seul objectif qu’ils remplacent le papier et les crayons. « Les écoles ne les utilisent pas avec une efficacité maximale au début, mais ça s’améliore habituellement avec le temps. Le but, c’est que ces outils amènent les jeunes plus loin. Qu’ils leur permettent de nouvelles expériences. »

Une « rencontre inspirante »

Directrice de l’École Montessori Orford, Sylvie Gauvreau était visiblement ravie de recevoir Aleksi Komu dans les nouveaux locaux de cet établissement secondaire, déménagé depuis peu au centre Orford musique.

« On voulait organiser une rencontre inspirante et tout notre personnel est là pour écouter, confiait Mme Gauvreau vendredi. Nous également, on essaie de transformer l’école. »

Pour sa part directrice de l’École Montessori Magog, Sylvie Desrosiers souligne que le mode d’enseignement pratiqué au sein de son établissement tire sa source du modèle finlandais. « Notre approche s’appuie là-dessus, à l’origine. Maintenant qu’il y a eu une réforme du système d’éducation en Finlande, on essaie de voir comment on peut l’adapter dans nos deux écoles », explique-t-elle.

Considérant les exigences du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, la réforme finlandaise serait impossible à appliquer dans son intégralité au Québec. Mme Desrosiers le sait et entend vraisemblablement chercher la voie du compromis.

« Dans le fond, on n’est pas si loin du modèle qu’ils ont là-bas. Et, pour s’en approcher encore plus, on prévoit ajouter des sorties à divers endroits dès l’an prochain et proposer des choix de cours aux enfants même s’ils ne sont qu’au primaire. On verra quels sont les autres ajustements possibles au cours des prochains mois », explique la directrice de l’École Montessori Magog.

Sylvie Desrosiers croit elle aussi que les enfants d’aujourd’hui doivent développer de nouvelles aptitudes pour être en mesure de réussir plus tard dans un monde en mutation. Créativité, collaboration et résolution de problèmes sont trois thématiques qui lui tiennent particulièrement à cœur.