L’eau de la rivière Eaton est sortie de son lit vendredi en raison d’un embâcle, forçant l’évacuation d’une trentaine de maisons.

L’eau envahit Cookshire-Eaton

Une trentaine de maisons et environ 70 personnes ont été évacuées de leur domicile, vendredi après-midi, à Cookshire-Eaton. L’eau de la rivière Eaton est sortie de son lit à cause d’un embâcle dans la rivière.

François L’Heureux, un résidant du secteur de la rue Eaton, a dû réveiller sa conjointe, qui n’était pas aux faits des inondations. Selon lui, l’eau est montée très rapidement. « Je suis arrivé chez moi vers 15 h. J’ai eu beaucoup de difficulté à me rendre avec ma minifourgonnette, car j’embarquais sur des blocs de glace. Je suis resté coincé. Je savais que ma conjointe était présente à mon domicile. En 10 minutes, j’avais 5 pieds d’eau dans mon sous-sol », explique-t-il.

L’eau a empêché l’auto de la femme de M. L’Heureux de partir. L’intervention des pompiers a été nécessaire pour assurer l’évacuation. « Ma conjointe a tenté de s’en aller avec l’auto, mais elle a étouffé. Ils ont été évacués par la fenêtre. C’est une camionnette qui est venue les chercher. Quand j’ai vu ça, j’ai monté dans la minifourgonnette et je l’ai stationnée plus haut dans ma cour. J’ai embarqué dans le camion de pompier, car il n’y avait plus rien à faire », poursuit François L’Heureux.

M. L’Heureux s’attend à beaucoup de dégâts. Les outils et la mécanique présents dans son garage pourraient être endommagés. « Ça fait au-dessus de 20 ans que ça n’a pas monté aussi haut. J’ai encore de la difficulté à réaliser que je vais avoir beaucoup de dommages. Au moins, ma famille est correcte. Mes enfants, ma conjointe et mon chien sont sauvés. Le reste, c’est du matériel, mais c’est difficile à accepter », ajoute-t-il, visiblement ému.

Situation unique

Le directeur général de la Ville de Cookshire-Eaton, Martin Tremblay, considère la situation comme étant unique. « On surveillait les fluctuations du niveau de la rivière depuis hier soir. Cet après-midi, vers 15 h, la rivière a gonflé très vite. C’était du jamais vu. L’embâcle s’est démantelé vers 16 h et la rivière a pu poursuivre son débit », indique-t-il.

Comme les autorités locales ont suivi la situation, ils ont pu rapidement demander aux citoyens en danger de sortir de leur résidence. « On a pu réagir rapidement parce qu’on surveillait la situation de près, exprime M. Tremblay. Des personnes ont été relocalisées temporairement, d’autres sont partis chez de la famille ou des amis. »

Par contre, le travail n’est pas terminé, selon M. Tremblay. « Présentement, nous regardons le niveau de la rivière, car elle pourrait reboucher ailleurs dans les prochaines heures. On garde bon espoir. Ça se résorbe ici, mais on ne sait jamais quel embâcle peut se produire. Il y a des arbres et des débris aussi qui descendent dans la rivière », affirme-t-il.

Le dégagement des puisards sauve la mise à Sherbrooke

À Sherbrooke, l’eau a envahi les rues vendredi avant-midi, alors que le mercure a atteint les 11 degrés.

Heureusement, l’opération de dégagement des puisards entreprise plus tôt cette semaine par le service des travaux publics a permis d’éviter les accumulations d’eau aux endroits problématiques.

Les automobilistes doivent prendre note qu’il est interdit de faire éclabousser de l’eau sur des piétons circulant le long des rues. L’amende est de 60 $ plus les frais pour les conducteurs fautifs, signale-t-on au Service de police de Sherbrooke. - Avec Claude Plante