Après avoir banni les sacs de plastique sur l’entièreté de son territoire, la MRC du Val-Saint-François se penchera bientôt sur la possibilité d’interdire la styromousse
Après avoir banni les sacs de plastique sur l’entièreté de son territoire, la MRC du Val-Saint-François se penchera bientôt sur la possibilité d’interdire la styromousse

Le VSF pourrait interdire la styromousse

Après avoir banni les sacs de plastique sur l’entièreté de son territoire, la MRC du Val-Saint-François se penchera bientôt sur la possibilité d’interdire la styromousse, affirme le préfet de la MRC et maire de Stoke, Luc Cayer.

La discussion a été ouverte par les élus de Saint-François-Xavier-de-Brompton, qui ont adopté à l’unanimité une résolution voulant que la MRC du Val-Saint-François mette en place un projet pour bannir les contenants de styromousse à usage unique, le 13 janvier dernier. La municipalité a également signifié son intérêt à agir comme leader dans ce projet.

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« La première chose qu’il va falloir regarder, c’est si on peut le remplacer par quelque chose d’autre, explique M. Cayer. Il faut faire attention quand on parle d’abolir quelque chose. On va se pencher sur le dossier et on va regarder d’un œil attentif ce qui se fait du point de vue de la recherche, puis on va revenir rapidement avec une prise de position. »

Le sujet en est un complexe, insiste celui qui rappelle que le marché de l’alimentation n’est pas le seul à faire l’usage de cette matière. Les blocs de stabilisation insérés dans les boîtes d’articles électroniques en sont un exemple.

« Dans les débuts, il pourra peut-être y avoir une certaine mixité, évalue-t-il. Ce qu’on a le pouvoir de remplacer, qu’on le fasse, et ce sur quoi on aura un pouvoir d’influence, on l’exercera. Mais nécessairement, quand on parle de pouvoir d’influence, on parle de sensibiliser nos gouvernements à nous aider dans ce pouvoir-là. Je ne suis pas certain qu’on a le pouvoir d’interdire ça chez les multinationales japonaises. Actuellement, mondialement, il y a des objectifs d’environnement qui, à mon sens à moi, ne devraient pas seulement concerner la MRC. »

Pour le moment, le préfet ne peut pas donner d’échéancier quant à cette initiative potentielle. « Il faut être prudent avec les échéanciers, ça prend toujours une période de sensibilisation avant, mais le plus rapidement qu’on pourra le bannir, si c’est cas, plus ça pourra réduire la pollution. »

Luc Cayer

Meilleure valorisation

Selon le professeur-chercheur au centre de transfert technologique en écologie industrielle, Marc Olivier, « On devrait bannir la styromousse si on n’a pas l’intention de le recycler ou si on ne se donne pas les moyens de le faire ».

Alors que le reste du monde recycle la styromousse à partir de sa collecte de matières recyclables, la majorité de centres du tri du Québec en ont toujours fait autrement, s’inquiète-t-il cependant. « On a maintenant des entreprises dans la région de Granby qui le valorisent. Il y a quelque chose d’anormal à essayer de maintenir l’idée qu’on n’est pas capables de faire quelque chose avec de la styromousse. Il n’y a pas plus détestable comme empreinte écologique qu’un objet à usage unique, mais lorsqu’on parle d’une matière qui peut être recyclée et réutilisée plusieurs fois à l’aide d’industries à proximité, c’est l’objet qui correspond le mieux à l’idée qu’on peut se faire du développement durable. »

Selon le Pr Olivier, alors que les villes encouragent la mise aux rebuts de cette matière, les centres de tri peuvent tout simplement l’inclure dans les ballots incluant les plastiques de types 3 à 7. 

« Il y a un marché pour ça », dit celui qui encourage cependant l’achat d’un densificateur, ce qui permettrait une revalorisation optimale après un tri efficace.

Depuis 2012, les écocentres de Sherbrooke acceptent les contenants de styromousse, la styromousse d’emballage et la styromousse isolante. Ceux-ci sont acheminés à des entreprises qui les transforment en divers produits, soit des lunettes de sécurité, des boîtiers à disques compacts, des règles de plastique et des bancs de parc.

De son côté, la Ville de Montréal se penche sur la question depuis avril 2019. Un projet de règlement est espéré pour le mois d’avril 2020.