Les Paladins ont l’opportunité d’exercer leurs apprentissages de premiers soins entre eux avant de prêter secours aux autres élèves du Tournesol.

Le Tournesol : des élèves en premiers secours

Dès que survient une situation d’urgence à l’école secondaire du Tournesol, à Windsor, ce sont les élèves qui sont appelés à effectuer les premiers soins. Les Paladins de cinquième secondaire interviennent en moyenne deux fois par jour pour toute sorte de blessures : un projet unique au Québec qui peut continuer d’exister grâce au travail de deux passionnés.

Le cours obligatoire pour tous les élèves de 5e secondaire, univers de la santé, permet aux jeunes d’obtenir leurs cartes de premiers secours. Une dizaine d’entre eux sont sélectionnés en début d’année afin d’intervenir dans l’école, que ce soit pour une fracture, une coupure ou encore une brûlure. Plus de 200 cas ont été traités cette année depuis les 100 premiers jours de la brigade. 

Si les élèves peuvent encore intervenir en cas de blessure, c’est grâce à l’enseignant David Beaulieu qui a pris en main le projet des Paladins. L’instigateur, Sylvain Marcoux, lui a relayé la responsabilité des Paladins afin de prendre sa retraite. « Je ne prenais pas ma retraite tant que je n’avais pas trouvé quelqu’un pour prendre en charge les Paladins », raconte Sylvain Marcoux. 

Pour la jeune Victoria Cloutier, 16 ans, cette expérience est devenue une illumination vers une future vocation. Elle souhaite poursuivre en soins infirmiers au cégep l’année prochaine, elle qui a déjà sa carte de la Croix-Rouge. « Ce que j’aime le plus, c’est aider les autres, explique-t-elle. On croise une personne dans les corridors deux jours après l’avoir aidée, et elle nous dit merci. » 

Une équipe de deux Paladins est affectée à une journée par semaine. « On ne travaille pas avec la même personne d’un jour à l’autre. Comme aujourd’hui, j’étais avec Laurie et on a déjà été appelées pour six cas », explique-t-elle avant de se faire interrompre par un élève qui ne se sentait pas bien. Le secret de confidentialité est bien respecté par la brigade.

Lorsqu’on entend « code 1 » dans l’intercom, les 11 Paladins sortent de leur classe pour répondre à l’urgence. Les enseignants, la direction, les secrétaires travaillent en collaboration avec les étudiants et sont compréhensifs. Lorsque les jeunes manquent de la matière, ils s’assurent de la reprendre. Cette forme d’enseignement encourage la prise en charge des responsabilités, tout en bénéficiant d’un encadrement. 

Le projet incite les jeunes à s’impliquer dans leur école, une initiative soulignée en cette semaine de la persévérance scolaire qui s’achève. Le taux de décrochage scolaire en Estrie a baissé à 17,3 % en 2015-2016. L’implication scolaire, comme les Paladins, motive les jeunes en plus de leur donner une estime de soi. L’enseignant à la retraite, Sylvain Marcoux, explique que les élèves se sentent valorisés. « Les ambulanciers, les infirmières, les citoyens reconnaissent les jeunes. Les gens leur font confiance. »