Le temps supplémentaire en hausse de 17 % au CIUSSS de l'Estrie

SHERBROOKE — Il y a eu une augmentation du temps supplémentaire de 17 % au cours de la dernière année au CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Il y a encore 8,1 % des employés en assurance-salaire alors que la cible est de 7 %. Toutefois, les patients restent sur civière à la salle d’urgence en-deçà de la barre des 12 heures, ce qui n’était pas arrivé depuis de fort nombreuses années. Voilà le genre de données qu’il est possible d’apprendre en consultant le Tableau de bord du plan annuel 2018-2019 qui a été présenté lundi soir lors de l’assemblée du conseil d’administration du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS travaille sur sept priorités annuelles, qui sont suivies de près grâce à une trentaine d’indicateurs. Le tableau est davantage marqué de rouge pour les cibles non atteintes (23) que de vert pour les cibles atteintes (6)…

« Quand les cibles ne sont pas atteintes, ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu d’améliorations. Parfois, nous avons mis les cibles du ministère (de la Santé et des Services sociaux) en sachant qu’on ne pourrait pas les atteindre, mais ça nous indique l’objectif », a soutenu Stéphane Tremblay, président-directeur général adjoint du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Du côté des bons coups, Dr Tremblay note que l’hygiène des mains s’est grandement améliorée au sein du personnel soignant, ce qui contribue à diminuer le taux d’infections nosocomiales.

Certaines cibles ont aussi été atteintes dans les salles d’urgence où l’objectif est de réduire le temps d’attente. « Les patients sur civière restent environ 50 minutes de moins. Sur 12 heures, vous allez dire que c’est peu? Mais 50 minutes, ça peut être long quand vous êtes sur une civière à l’urgence! » assure le Dr Tremblay.

Certains indicateurs démontrent cependant des détériorations. Les listes d’attente continuent de causer bien des soucis aux gestionnaires… et aux patients en attente. Par exemple, il y a 63 % des patients référés à des médecins spécialistes qui sont vus dans les délais prescrits alors que la cible est de 90 %.

La liste d’attente dans certains secteurs de l’imagerie a aussi grimpé en flèche au cours de l’été dernier. Même son de cloche du côté de la protection de la jeunesse, où 22 % des signalements sont évalués dans les délais prescrits – pour une cible de 65 %.

Le tableau de bord et ses indicateurs sont précieux et sont de formidables outils pour voir où les choses s’améliorent ou se détériorent. Mais il y a un volet important que le tableau de bord ne permet cependant pas de quantifier, a précisé Stéphane Tremblay : l’augmentation de la demande et la hausse du volume d’activités.

« En soins à domicile par exemple, nous nous sommes améliorés, mais la demande est toujours grandissante. Même chose en imagerie et en chirurgie », a-t-il énuméré.

Pourquoi autant d’employés sont-ils en assurance-salaire? La direction du CIUSSS travaille à trouver les réponses. « Nous avons un groupe de travail pour étudier cette question. On doit travailler là-dessus. La présence au travail passe par le bonheur au travail, par avoir une équipe autour de soi. L’effort de recrutement est là. Mais si on recrute et que les gens partent en assurance-salaire de l’autre côté, ça n’améliore pas la situation », a dit Stéphane Tremblay.

« On travaille à comprendre. On cherche aussi à comprendre pourquoi certaines directions s’en sortent mieux que d’autres. Ça peut peut-être nous aider à faire les choses autrement dans d’autres directions », a-t-il ajouté.