S’il voulait valoriser la profession enseignante, le gouvernement Legault a manqué son coup, juge le président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE), Richard Bergevin.
S’il voulait valoriser la profession enseignante, le gouvernement Legault a manqué son coup, juge le président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE), Richard Bergevin.

Le SEE mécontent des offres

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
S’il voulait valoriser la profession enseignante, le gouvernement Legault a manqué son coup, juge le président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE), Richard Bergevin.

Les instances syndicales représentant les enseignants ont reçu mardi les offres sectorielles du gouvernement et ont l’intention de se faire entendre. Le SEE, lié à la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ), dénonce le fait que Québec souhaite augmenter le temps de présence des enseignants à l’école. Selon M. Bergevin, Québec souhaite augmenter hebdomadairement de trois heures par semaine le temps de présence à l’école des enseignants, et faire reconnaître cinq heures de temps de travail à la maison par semaine.

Le SEE reproche à Québec de vouloir augmenter le nombre d’élèves par groupe, et ce, de différentes manières, notamment en ajoutant des motifs pour permettre le dépassement du nombre d’élèves. Certaines modifications aux conventions collectives pourraient aussi enlever des obligations aux commissions scolaires « d’offrir des services minimums » aux élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (HDAA). Selon Richard Bergevin, ces mécanismes ont permis de faire respecter certains services sous la gouverne des libéraux, au pouvoir avant l’arrivée de la CAQ.

Les instances syndicales s’inquiètent aussi que la partie patronale veuille abandonner la moyenne d’élèves par classe. En enlevant cette moyenne et en gardant le maximum, avance M. Bergevin, les enseignants pourraient se retrouver avec une hausse d’élèves. « L’enjeu du nombre d’élèves par groupe est important. »

« Le statu quo ne sera pas accepté. Il faudra qu’il y ait des gains », lance M. Bergevin. Comme la convention collective vient à échéance à la fin mars, il n’est pas question pour le moment de moyen de pression. « Jusqu’au 31 mars, la population n’a rien à craindre. Ce sera des actions de visibilité. »

Une assemblée générale est prévue le 22 janvier.

« On veut donner la chance à la négociation de démarrer en janvier », note M. Bergevin.

Le président du Conseil du Trésor, Christian Dubé, a annoncé récemment que le gouvernement Legault comptait offrir 7 % sur 5 ans à l’ensemble du secteur public. Or, note M. Bergevin, l’inflation prévue dans la dernière mise à jour est d’environ 10,4 % sur cinq ans. « On perd notre pouvoir d’achat comme enseignant et on aura une tâche plus lourde en termes d’heures assignées à l’école. »

Les enseignants du SEE, représentés par la FSE, revendiquent une majoration de traitement de 8 % au 1er avril 2020, de même qu’une augmentation de 2 $ de l’heure en 2020, et des augmentations de 3 % en 2021 et 2022. À ce sujet, M. Bergevin rappelle que les enseignants québécois sont les moins bien payés au pays, selon les dernières données 2017-2018 rendues publiques par Statistique Canada.