Le ruisseau Kezar a un impact négligeable

Exigée par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec, la « décanalisation » du ruisseau Kezar n'aurait qu'un impact minimal sur la réduction des risques d'inondation au coeur du village de North Hatley.
Chargée d'élaborer un plan de gestion des eaux pour le coeur de North Hatley, la MRC de Memphrémagog a d'abord cru que le retrait d'une partie des conduites contraignant l'écoulement du ruisseau Kezar aurait un effet important. Mais elle a finalement réalisé que ce ne serait pas le cas.
« Les bienfaits de la décanalisation se feraient surtout sentir au chapitre de l'environnement plutôt que des risques d'inondation », révèle l'aménagiste de la MRC de Memphrémagog, Hugues Ménard.
Le ruisseau Kezar s'écoule à partir d'une colline située du côté ouest du chemin Capelton. Le cours d'eau passe sous ce chemin puis emprunte une série de canalisations de diamètres variables jusqu'à son arrivée aux abords de la rivière Massawippi.
La décanalisation aurait des effets limités notamment en raison de la hauteur que l'eau peut atteindre, dans la rivière, lorsque des crues importantes se produisent. « Quand on est au niveau d'une crue 25 ans, le ruisseau ne peut plus s'écouler normalement. Ça bloque », indique Hugues Ménard.
« Le débit reste faible presque en tout temps »
Le constat dressé par M. Ménard va tout à fait dans le sens de la position défendue par Michael Grayson et Paul St-Pierre, deux opposants à la réalisation d'un projet de développement d'envergure au coeur du village de North Hatley. Les deux hommes sont en effet persuadés que le retrait d'une partie des conduites par lesquelles s'écoule le ruisseau n'aurait qu'un impact limité.
« Si le ruisseau amenait par lui-même de très importantes quantités d'eau en période de crue, la décanalisation aurait pu avoir un effet significatif. Mais ce n'est pas le cas du tout. C'est un cours d'eau dont le débit reste faible presque en tout temps. C'est une impossibilité qu'il occasionne de graves problèmes seul », affirme M. Grayson.
D'ailleurs, selon Paul St-Pierre, il est clair que le lac Massawippi constitue le principal problème quand des inondations majeures se produisent à North Hatley. « En 1994, par exemple, l'eau était passée par-dessus la route et avait envahi toute la zone inondable », note-t-il.
Rappelons que le promoteur Richard Laliberté envisage de construire quelque 200 unités d'habitation dans le coeur du village. Pour permettre la concrétisation d'un tel projet, North Hatley a dû entreprendre un long processus et s'engager à prendre des mesures pour amoindrir les risques d'inondation dans ce secteur.