En raison de ses relations à couteaux tirés avec le député Denis Paradis (photo), le président de l’association libérale fédérale de Brome-Missisquoi, Guillaume Tétreault, a été démis de ses fonctions par le PLC.

Le président de l’association libérale fédérale de Brome-Missisquoi est destitué

Le Parti libéral du Canada a démis de ses fonctions le président de l’association libérale fédérale de Brome-Missisquoi en réponse à la guerre intestine qui sévit entre le conseil d’administration et le député Denis Paradis. La décision a été prise le 19 décembre sans que Guillaume Tétreault, qui s’opposait au retour de M. Paradis aux élections de 2019, puisse s’expliquer verbalement.

Cet été, La Voix de l’Est levait le voile sur les différends qui opposent le député et le nouvel exécutif local, élu le 24 août. Plus de 400 des 1300 membres libéraux dans Brome-Missisquoi avaient signé une pétition pour réclamer une course à l’investiture pour l’élection de 2019. Les nouvelles règles du Parti libéral du Canada — Québec (PLCQ) font en sorte qu’un député sortant n’a plus à passer par une course à l’investiture pour se porter candidat à nouveau s’il répond à certains critères, ce qui est le cas de M. Paradis.

Stéphane Beaulac et son successeur à la présidence de l’association locale (d’août à décembre), Guillaume Tétreault, remettaient aussi en question le leadership, l’accessibilité et l’éthique du politicien. En effet, au moins deux employées des bureaux de circonscription étaient présentes dans le kiosque du vignoble appartenant à M. Paradis lors de la Fête des vendanges à Magog.

Cette position n’a pas plu aux instances du PLCQ, qui ont rencontré M. Tétreault et sa vice-présidente, Anne-Marie Dumas. Ils ont lancé un ultimatum au président pour qu’il appuie et supporte M. Paradis, faute de quoi les procédures de destitution seraient entamées, rapporte le principal intéressé par communiqué.

Défense par courriel

Lorsqu’elles ont été entamées, il a été informé qu’il serait convoqué par le sous-comité d’appel du Conseil national, mais c’est finalement par courriel qu’on l’a invité à se défendre. Il s’y est opposé, préférant une défense verbale, ce qu’on lui aurait refusé. Sa destitution a été confirmée le 19 décembre.

« Je pense que la procédure qu’ils ont fait de me demander une justification par courriel et non pas une rencontre pour écouter ce que j’avais à dire, c’est une décision un peu arbitraire de leur part », commente en entrevue M. Tétreault, qui souhaite dénoncer cette situation sans nécessairement chercher à être rétabli dans ses fonctions.

Il assure avoir le support du conseil d’administration de l’association de circonscription, qui jauge les possibilités pour répondre à la décision du PLC, comme un recours judiciaire.

Rejoint par téléphone lundi, Denis Paradis assure ne pas être intervenu pour que le président de son association locale soit destitué. « Je n’ai pas fait de demande à proprement parler. Je pense qu’ils ont pris connaissance de ses prises de position. » Il avoue également qu’il n’y a pas eu de tentative de rapprochement entre les nouveaux élus du conseil d’administration et lui.

« Je n’ai pas de commentaire à faire là-dessus, affirme-t-il. J’essaie d’être plus rassembleur qu’autre chose. »

Le parti répond par courriel, en éclipsant les questions de La Voix de l’Est, que les associations de circonscriptions doivent soutenir et appuyer le candidat du parti ainsi que mener et soutenir l’organisation terrain, les activités de rayonnement et de financement.

En outre, il est attendu des membres du conseil d’administration des ADC [NDLR : associations de circonscription] qu’ils adoptent un modèle de comportement irréprochable et qu’ils ne se conduisent pas d’une manière qui puisse nuire aux intérêts et à la réputation du PLC. »

Il ne nous a pas été possible de rejoindre Mme Dumas, qui assure l’intérim à la présidence de l’ADC.