Guillaume Rousseau

Le PQ veut ramener les conférences régionales des élus

Le candidat du Parti québécois dans Sherbrooke Guillaume Rousseau souhaite le retour de structures de concertation régionale pour s’attaquer au problème de bas revenu des ménages en Estrie. Les municipalités doivent obtenir plus de pouvoir sur leur développement économique, mais ont besoin de se parler et de s’entendre pour toutes en profiter.

« Dans un contexte où vous avez une économie où c’est essentiellement les PME qui fournissent les emplois dans le secteur privé, à ce moment-là ce n’est pas le gouvernement central, loin du terrain, qui peut gérer la politique économique. Il faut que ce soit les municipalités des régions qui connaissent le terrain, qui peuvent s’adapter aux besoins des entreprises et des travailleurs », a exprimé M. Rousseau, lundi, lors d’un colloque organisé à la Buvette du Centro sous le thème « L’économie aux services des gens : Comment hausser le revenu des ménages en Estrie? ».

Selon les statistiques, 92 % des emplois au Québec reviennent aux PME. Or malgré ces chiffres, le développement économique local serait la compétence la plus limitée des municipalités selon Guillaume Rousseau. « Ce n’est pas normal, exprime le péquiste, il faut que nos municipalités aient les outils pour s’attaquer à cette problématique-là qui est particulière en Estrie. Le Parti québécois prévoit aller dans ce sens-là. »

Avec un ajout de pouvoir économique aux villes, Guillaume Rousseau veut aussi empêcher la compétition. « Il faut se parler. En Estrie, ce dont on a besoin, c’est un organisme de concertation de niveau régional. On se parle et on se donne comme objectif de remonter les revenus des ménages en Estrie », affirme-t-il.

Le retour des CRÉ?

Les conférences régionales des élus (CRÉ) avaient justement pour but d’implanter des projets et d’informer le gouvernement des enjeux de leur région respective. En 2014, le gouvernement Couillard les a abolis.

« On a aboli des décennies de consultations et de concertations régionales. Ç’a eu un effet terrible sur le terrain. Avec la CRÉ, on avait une coopération, maintenant c’est la compétition entre les villes », estime M. Rousseau.

Ave les CRÉ qui empêcheraient cette compétition municipale, le candidat espère que des objectifs communs de hausse de revenus pourront faire une différence pour la population estrienne.

L’épisode Ubisoft

Le péquiste a d’ailleurs rappelé que l’Estrie se trouvait parmi les trois régions en compétition pour accueillir les bureaux d’Ubisoft en 2014. Magog et Sherbrooke avaient tous deux proposé de recevoir la grande entreprise qui énergiserait l’économie. 

Les deux régions s’étaient fait reprocher par plusieurs de s’être marché sur les pieds dans ce processus. Selon Guillaume Rousseau, cette compétition est la principale raison qui a fait reculer Ubisoft, qui avait finalement choisi le Saguenay-Lac-Saint-Jean pour s’implanter.

Plus de salaires, pas plus d’emplois

« Peu importe la statistique qu’on prend, on est en retard, on a un problème de revenus à Sherbrooke », déclare fermement M. Rousseau en début de discours. La ville de Sherbrooke se retrouverait en 117e position sur 125 circonscriptions en termes de revenu de ménage moyen. 

« On a une période de pénurie de main-d’œuvre, le contexte s’y prête. Avec 4,7 % de chômage, ce n’est pas un problème de création d’emploi. Le défi est d’offrir des emplois payants ». Rousseau a pour objectif d’implanter le salaire minimum de 15 $ le plus rapidement possible, pour avoir un effet d’entrainement.

« C’est des mesures qui vont toucher tout le Québec, ça va augmenter les revenus partout, mais ce n’est pas ça qui va permettre le rattrapage de l’Estrie sur les autres régions », exprime M. Rousseau en ramenant l’idée de réinstaurer les CRÉ.