Le député péquiste Sylvain Gaudreault et son collègue Sylvain Rochon ont donné leur appui à la campagne SOS mont Hereford, vendredi. Ils sont accompagnés sur la photo par Jacinthe Caron, directrice générale du Conseil régional de l'environnement de l'Estrie, et Mélanie Lelièvre, directrice générale de Corridor appalachien, deux des quatre organismes qui ont donné naissance à la Coalition SOS mont Hereford.

Le PQ appuie SOS mont Hereford

Le Parti québécois donne son appui à la campagne SOS mont Hereford et exige que le projet de ligne électrique Northern Pass d'Hydro-Québec respecte l'intégrité de la Forêt communautaire Hereford, dans la MRC de Coaticook.
Porte-parole du PQ en matière d'environnement et responsable de la région de l'Estrie, le député de Jonquière Sylvain Gaudreault s'est rendu à la Forêt Hereford, vendredi matin, pour rencontrer les intervenants et « s'imprégner de l'endroit ».
Il y a découvert un site « extraordinaire » et s'est dit plus convaincu que jamais que la ligne d'interconnexion Québec-New Hampshire devra être enfouie dans ce secteur et contourner la forêt Hereford pour protéger un milieu de conservation important.
« On parle d'un enjeu de 18 km sur une très grande ligne qui va jusqu'au Massachusetts éventuellement et sur laquelle il y a100 km aux États-Unis qui seront enfouis, fait valoir M. Gaudreault. J'ai la conviction que si on est capable d'enfouir aux États, on est certainement capable d'enfouir au Québec. Hydro-Québec doit entendre raison. Elle doit surtout entendre la volonté de SOS mont Hereford et de la population locale, et l'avis du BAPE qui a renvoyé la société d'État à ses devoirs. »
Son collègue député de Richelieu et porte-parole en matière d'énergie et de ressources naturelles, Sylvain Rochon, a insisté sur l'acceptabilité sociale du projet.
« Ce serait bête de transporter de l'énergie verte vers les États-Unis en ne tenant pas compte du respect de la forêt québécoise. (...)Ça ne passe pas, ici, cette ligne de distribution qui viendrait briser un paysage extraordinaire. Il faut en tenir compte. »
M. Rochon promet d'ailleurs de talonner les hauts dirigeants d'Hydro-Québec au moment d'étudier les crédits budgétaires en commission parlementaire à la fin du mois. « Je m'engage à faire là la lutte à laquelle nous témoignons notre adhésion aujourd'hui. »
Quant aux coûts d'enfouissement de 60 millions $ évoqués par Hydro-Québec pour rejeter cette option, les deux politiciens en relativisent l'importance sur un projet total de 2,3 milliards $. « J'espère que la rentabilité de ce projet ne dépend pas de ces 60 millions! Parce que dans une perspective d'exportation d'énergie à long terme, quand on pense aux générations futures et à la préservation d'espèces menacées et de milieux fragiles, ça vaut le coût », estime M. Gaudreault.
Enfin, dans le contexte où la Forêt Hereford découle du plus grand don écologique de l'histoire du Québec, le député s'est montré inquiet du message qu'Hydro-Québec enverrait si elle devait aller de l'avant malgré la contestation.
« On n'arrête pas de dire qu'il faut accroître au Québec le mécénat et la philanthropie et encourager les dons. Si Hydro-Québec envoie un signal que les dons, après votre mort, pourront être brisés ou changés de façon unilatérale, ce serait malheureux. »
Après une semaine en ligne, la pétition d'appui à SOS mont Hereford avait récolté 7300 signatures vendredi.
Une autre option pour le recouvrement des coûts
L'évolution des conditions du marché d'exportation d'électricité et l'intérêt obligé des Américains pour les énergies propres changent la donne en ce qui a trait au financement des nouvelles lignes de transport d'électricité comme celle de Northern Pass.
C'est du moins ce qu'Hydro-Québec fait valoir alors qu'elle se prépare à répondre, avec son partenaire américain dans le projet Northern Pass Eversource Energy, à un appel de propositions de l'État du Massachusetts pour la fourniture de 9,45 TWh (térawatt-heure) d'énergies propres, une opportunité « historique », dit la société d'État.
Dans la proposition qui doit être déposée d'ici la fin juillet, « les coûts du projet de transport seront assumés par les distributeurs américains qui achèteront l'énergie fournie par Hydro-Québec », précisent les deux entités dans un communiqué conjoint émis le 31 mars.
« La convention de service de transport approuvée par la Federal Energy Regulatory Commission en 2011 et encore en vigueur aujourd'hui sera donc modifiée et complétée pour tenir compte du résultat de l'appel de propositions », ajoutent Hydro-Québec et Eversource Energy.
Jusque-là - et l'affaire a été décriée par ceux qui réclament l'enfouissement de la ligne haute tension au Québec comme cela se fera aux États-Unis -, il était convenu que la filiale Northern Pass Transmission (qui pilote le volet américain du projet d'interconnexion Northern Pass) « devait recouvrer ses coûts à même les produits qu'Hydro-Québec encaisserait par suite de la vente d'énergie sur le marché de gros aux États-Unis ».
Or les nouveaux objectifs en matière de diversité énergétique et de lutte contre les changements climatiques aux États-Unis ont incité certains États à proposer des solutions de rechange pour le financement de nouveaux projets de transport d'électricité qui n'étaient pas en vigueur au moment de l'annonce du projet Northern Pass en 2010.
Dans ce contexte et même si la réalisation du projet Northern Pass « ne dépend pas de l'issue d'un seul appel de propositions », précise le communiqué, Hydro-Québec et Eversource Energy réitèrent leur engagement envers le projet, « convaincues qu'il présente des avantages importants pour le Québec et qu'il contribuera à la transition de la Nouvelle-Angleterre vers un avenir énergétique plus propre ».
Le Massachusetts se donne jusqu'en 2018 pour faire connaître les projets retenus.