Le petit coléoptère de la ruche a atteint l’Estrie

Jasmine Rondeau
Jasmine Rondeau
Initiative de journalisme local - La Tribune
Un nouveau parasite capable de faire d’importants ravages dans les ruches, le petit coléoptère de la ruche (PCR), a officiellement été détecté en Estrie.

Un insecte adulte a été détecté chez un apiculteur de la MRC de Memphrémagog mardi, tandis que des larves ont été trouvées dans des ruches de la MRC de Coaticook mercredi, indique le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation.

Cette propagation est directement liée à un lot de ruchettes de l’Ontario introduites sans autorisation au Québec par un fournisseur apicole de la Montérégie, il y a quelques semaines, et qui cause toujours bien des maux de tête aux apiculteurs de la province. 

Lorsque l’insecte a été remarqué par un inspecteur du MAPAQ dans le chargement de l’entrepreneur en question, le 31 mai dernier, la majorité des ruchettes du chargement avait déjà été distribuée à des acheteurs partout à travers la province. 

Un avis de vigilance a été émis le 4 juin pour inviter les apiculteurs à se montrer prudents et à installer des pièges afin de détecter et contrôler rapidement toute propagation du PCR.

Le petit coléoptère de la ruche se nourrit de pollen, de miel et d’œufs d’abeille. Ses larves creusent des tunnels dans les cadres et causent la fermentation du miel.

À ce jour, le MAPAQ a identifié dix cas en lien avec cet événement dans différentes régions, soit en Montérégie, en Mauricie, en Estrie, dans la région de la Capitale-Nationale et dans le Bas-Saint-Laurent. 

Les apiculteurs concernés ont reçu les mesures de confinement et de contrôle à mettre en place.

Des ravages importants

La présence du PCR est inquiétante pour le réseau apicole québécois, puisque cet insecte se nourrit de pollen, de miel et d’œufs d’abeille, et qu’il est capable de se déplacer sur des distances allant au-delà de 10 kilomètres, indique le Ministère. Il peut même se déplacer avec ses essaims d’abeilles. 

Les larves creusent notamment des tunnels dans les cadres de miel et de pollen, provoquant l’écoulement du miel en dehors de ceux-ci. Les excréments des larves mènent en plus à la fermentation du miel, ce qui pousse les abeilles à abandonner la ruche et à laisser les lieux à l’entière disposition du parasite, permettant ainsi sa reproduction rapide. 

La présence du PCR fait partie des parasites devant obligatoirement être signalés au réseau apicole, tout comme les acariens du genre Tropilaelaps, la loque américaine ainsi que l’abeille africaine et ses hybrides.