Le nouvel exécutif de Caritas Estrie est composé, de gauche à droite, de Jean François Hamel, vice-président, Guy Bédard, président, Armand Bergeron, secrétaire, et Bernard Benoît, trésorier.
Le nouvel exécutif de Caritas Estrie est composé, de gauche à droite, de Jean François Hamel, vice-président, Guy Bédard, président, Armand Bergeron, secrétaire, et Bernard Benoît, trésorier.

Le nouvel exécutif de Caritas Estrie reprend les rênes

Alain Goupil
Alain Goupil
La Tribune
La crise qui sévit depuis près d’un an chez Caritas Estrie est maintenant chose du passé... Un nouvel exécutif a été élu le 9 janvier et celui-ci entend maintenir la vocation catholique ainsi que les liens diocésains qui ont mené à la fondation de l’organisme de charité, il y a 63 ans.

Fondé en 1957 par l’abbé Desève Cormier, Caritas Estrie a été plongé dans une crise d’orientation l’an dernier lorsque les administrateurs ont voulu modifier les règlements généraux ainsi que la composition du conseil d’administration, sans passer par les instances prévues à cet effet.

« On a maintenant repris la pole de l’organisme », indique le nouveau président Guy Bédard, en entrevue avec La Tribune en compagnie des membres du nouvel exécutif. Outre M. Bédard à la présidence, on y retrouve Jean-François Hamel à la vice-présidence, Bernard Benoît à la trésorerie et Armand Bergeron à titre de secrétaire.

M. Bédard indique que les anciens administrateurs voulaient prendre leur distance par rapport à l’Archevêché, ce qui aurait eu pour effet de « laïciser » Caritas Estrie. Selon lui, cette distance à l’égard de l’Archevêché existe déjà dans les statuts et règlements de l’organisme.

« Quand Desève Cormier a fondé Caritas il y a 63 ans, il a été clairvoyant, indique M. Bédard. Il a fait en sorte que le conseil d’administration soit composé de sept membres nommés par l’Assemblée générale et de cinq membres nommés par l’Archevêché. Cela donne déjà à Caritas toute l’autonomie dont elle a besoin pour accomplir son œuvre. »

Plusieurs organismes de bienfaisance laïques existent déjà sur le territoire de Sherbrooke et en région, rappelle pour sa part Jean-François Hamel. D’où l’importance que Caritas conserve sa vocation associée à la foi chrétienne.

« Caritas est le véhicule qui permet aux croyants catholiques d’agir au nom de leur foi, dit-il. D’ailleurs, toutes nos campagnes tiennent leurs origines des paroisses. C’est un aspect fondamental de notre organisation. »

Membre du conseil d’administration de Caritas, le vicaire général Guy Boulanger rappelle que « l’aspect de la foi est la raison d’être de Caritas. C’est l’Église diocésaine qui a mis sur pied cet organisme pour en témoigner. On ne pouvait pas abandonner cet aspect-là », ajoute l’abbé Boulanger.

« Guerre d'argent » 

L’ancien président de Caritas, Bernard Guay, croit pour sa part que la crise qui a secoué l’organisme est liée à l’argent et non aux règlements ou à la composition du conseil d’administration, comme le laissent entendre les nouveaux dirigeants. « C’est une guerre d’argent », soutient M. Guay, qui demeure membre du conseil d’administration de Caritas.

« Nous n’avons jamais voulu ‘‘laïciser’’ Caritas, ajoute-t-il. Ce qu’on voulait, c’est de mettre plus d’emphase sur l’aide aux plus démunis plutôt que sur la rénovation des églises ou de presbytères. Les églises et les presbytères sont de moins en moins fréquentés, alors que le nombre de démunis, lui, augmente partout en Estrie. »

Prendre de l’argent pour rénover des églises et des presbytères est carrément faux, rétorque Guy Bédard, qui a été président de Caritas de 2014 à 2017. « Je peux vous assurer qu’aucun sou n’a été octroyé pour des salaires ou encore à des rénovations de quelque nature que ce soit. Je ne sais pas où il prend ça, mais c’est faux. »