Le mont Foster est désormais protégé à perpétuité grâce à l’organisme de conservation Corridor appalachien, qui en a fait l’acquisition, ont annoncé lundi Frédérique Vuillermoz, coordonnatrice des communications et de la philanthropie, Marie-Josée Auclair, présidente du conseil d’administration, Clément Robidoux, biologiste et directeur de la conservation, et Mélanie Lelièvre, directrice générale.
Le mont Foster est désormais protégé à perpétuité grâce à l’organisme de conservation Corridor appalachien, qui en a fait l’acquisition, ont annoncé lundi Frédérique Vuillermoz, coordonnatrice des communications et de la philanthropie, Marie-Josée Auclair, présidente du conseil d’administration, Clément Robidoux, biologiste et directeur de la conservation, et Mélanie Lelièvre, directrice générale.

Le mont Foster officiellement protégé à perpétuité

Un petit groupe chemine sur un ancien chemin condamné. Large au départ, il devient de plus en plus étroit. Les chevilles frôlent les herbes longues gorgées de bruine. Malgré le ciel sombre et la pluie fine qui tombe, l’heure est aux réjouissances. Corridor appalachien a invité une équipe de La Voix de l’Est pour annoncer officiellement l’acquisition du mont Foster par l’organisme de conservation.

L’acquisition s’est faite à la toute fin de l’année 2019, mais l’annonce a été repoussée une première fois pour des questions de logistiques, puis une deuxième fois en raison de la pandémie. Mais voilà que c’est chose faite. Le mont situé à Bolton-Ouest et à Saint-Étienne-de-Bolton, dont l’accès au sommet a été retiré aux marcheurs il y a 6 ans, sera protégé à perpétuité. 

Il s’agit de la conclusion d’une dizaine d’années de saga impliquant un promoteur immobilier qui planifiait construire quelque 70 résidences dans la montagne. 

Dans les dernières années, Corridor appalachien a été approché pour acheter la terre et la transformer en aire de conservation. Au bout de deux ans de dur labeur, c’est maintenant chose faite grâce au ralliement de citoyens, de fondations privées et publiques et des deux paliers gouvernementaux. Québec et Ottawa sont d’ailleurs les principaux bailleurs de fonds. 

Le projet a pu se concrétiser grâce à 250 citoyens qui ont donné à eux seuls, à quelques semaines de l’échéancier, environ 200 000 $. 

Le site de 215 hectares permet de relier deux autres zones protégées à perpétuité par des réserves fauniques ou des aires appartenant à Corridor appalachien ou Conservation de la nature du Canada.

Sensibilité

« C’était un projet audacieux, délicat et risqué pour nous parce que ça impliquait des discussions avec un promoteur qui voulait construire quelques résidences dans un milieu sensible, souligne la directrice générale de l’organisme de conservation, Mélanie Lelièvre. On est arrivé à la résolution de la problématique et on est très fiers des gains qu’on a faits. On partait d’un projet immobilier qui était, dans ses dernières versions, beaucoup plus étendu sur le territoire et on a pu ramener ça à plus petit pour s’assurer que la portion de l’aire protégée soit la plus étendue possible et qu’on y retrouvait les éléments les plus sensibles. » 

Environ une vingtaine de maisons seront construites au final, dont une dizaine de lots sont déjà construits ou en voie de l’être. Les terrains sont aussi plus petits. 

« Au départ, il y avait 5 % du territoire qui était voué à la conservation par le promoteur, poursuit la présidente de Corridor appalachien, Marie-Josée Auclair. Aujourd’hui on se retrouve avec 215 hectares, ce qui correspond à plus de 75 % du territoire. »

Un total de 125 hectares se trouve à Saint-Étienne-de-Bolton et 90 hectares à Bolton-Ouest. Le gain est moins important du côté de Bolton-Ouest puisque le promoteur avait déjà construit le prolongement du chemin Paramount pour se rendre aux lots. 

Espèces à protéger

Le site protégé, qui permet de relier des aires de conservation appartenant déjà à Corridor appalachien, à Conservation de la nature du Canada et à des propriétaires privés, contient des écosystèmes exceptionnels en plus de nombreuses espèces fauniques menacées.

C’est le cas de la salamandre pourpre, la salamandre sombre du nord, la grenouille des marais, la paruline du Canada, la grive des bois et le pioui de l’est. On trouve également l’orignal, le lynx roux, l’ours noir et le pékan. 

« De protéger des grandes forêts comme ça, c’est vraiment important pour les espèces à grands domaines vitaux qu’on retrouve sur le territoire, fait valoir Mme Lelièvre. Elles ont besoin de grands territoires. » La protection de ces 215 hectares vient assurer à ces grandes espèces un territoire pour se déplacer et se nourrir.  

Le projet était de près de 2 M$.

Dès l’an prochain, il sera possible de retourner marcher sur le mont Foster, à Bolton-Ouest et Saint-Étienne-de-Bolton.

Accès au sommet

Comme annoncé la semaine dernière, le sommet du mont Foster sera de nouveau accessible aux marcheurs dès l’été 2021.

Un réseau de sentiers a déjà existé, mais les constructeurs amateurs n’avaient pas pris en considération des milieux sensibles et des pentes abruptes, ce qui a provoqué de l’érosion.

Un sentier partira du bout du chemin Paramount, à Bolton-Ouest, et un autre au bout du chemin Summit, à Saint-Étienne-de-Bolton, pour rejoindre le sommet.

« On doit procéder à la validation écologique du tracé, dans un premier temps, pour s’assurer que le tracé prévu ne va pas passer dans des endroits sensibles ou dans des habitats d’espèces en situation précaire, précise Clément Robidoux, biologiste et directeur de la conservation. Si c’est confirmé, l’aménagement pourra s’amorcer. »

La tour des scouts, construite au sommet il y a environ 20 ans, sera aussi réaménagée pour la rendre sécuritaire. « Avec la tour, ça permet de sortir de la canopée, de la ligne des arbres, et d’avoir une vue de 360 degrés, ajoute Mélanie Lelièvre. On voit tout ! C’est vraiment impressionnant. On est content parce que c’est un site emblématique. »