De mercredi à vendredi, l’Estrie connaîtra trois jours de grandes chaleurs, mais pas assez pour déclarer que cet épisode est une canicule.

Le mercure à la hausse

Le mercure va monter de façon importante cette semaine en Estrie, mais peut-être pas assez pour permettre à la région de vivre sa première canicule de l’année.

On aura droit à trois journées très chaudes à partir de mercredi, mais l’Estrie manquera de peu la définition traditionnelle de ce qu’on appelle une canicule, observe André Cantin, météorologue chez Environnement Canada.

« Il nous faut trois journées de 30 degrés et plus de suite, explique-t-il. Il semble que ça ne sera pas le cas mercredi, avec 29 degrés. Mais jeudi et vendredi, il fera 32 et 31 degrés. »

« En plus, les nuits seront fraîches. Pour dire que nous avons une canicule, il doit faire 20 degrés et plus la nuit. »

Les Montréalais pourraient bien vivre leur première canicule de l’été au cours des prochains jours alors que le mercure devrait dépasser les 30 degrés Celsius jusqu’à la fin de la semaine.

Environnement Canada prévoit que les températures pourraient atteindre 30 degrés à Montréal mardi, 31 degrés mercredi et 32 degrés jeudi et vendredi. Durant les nuits, les minimums varieront de 18 à 22 degrés. Les températures devraient revenir près des normales à compter de samedi avec le passage d’un front froid.

Le facteur humidex, une mesure qui tient compte à la fois de la température réelle de l’air et de l’humidité, sera moins marquant en Estrie. Il contribuera à faire suer les Montréalais avec des valeurs qui grimperont probablement au fil de la semaine.

« Puisqu’on ne change pas de masse d’air, on va demeurer dans des humidex élevés variant très probablement entre 35 et 40 », a expliqué le météorologue André Cantin, en entrevue avec La Presse canadienne.

Région montréalaise

C’est principalement la région de Montréal qui sera touchée par cette canicule. « Les températures excédant les 30 degrés sont limitées à l’extrême sud-ouest du Québec, donc la Montérégie, Montréal et les Basses-Laurentides, peut-être l’Outaouais, mais ça ne va pas beaucoup plus au nord ni à l’est », a noté M. Cantin.

Lors des épisodes de chaleur extrême, la santé publique recommande de passer quelques heures par jour dans un endroit frais et idéalement climatisé, de boire beaucoup d’eau sans attendre d’avoir soif et de réduire les efforts physiques.

Montréal connaît en moyenne une à deux périodes de canicule par été. Celles-ci durent à l’occasion jusqu’à sept ou huit jours, a précisé M. Cantin.

L’an dernier, au moins 66 personnes sont mortes des suites de la chaleur extrême sur l’île de Montréal entre le 30 juin et le 8 juillet. La plupart de ces victimes souffraient d’une maladie chronique et/ou étaient des personnes âgées.

Ce début de juillet est une bonne occasion de dresser un bilan météo de juin en Estrie. « Il a été la continuité des mois précédents, sous les normales, analyse le météorologue. Juin a été 0,8 degré sous la normale, soit 16,1 degrés, alors que la normale est de 16,9 degrés. Le 10 juin, il a fait 30 degrés. »

« Juin était le neuvième mois de suite sous les normales en Estrie. »

Le sixième mois de 2019 a été bien arrosé, poursuite le spécialiste. La région a reçu 133 millimètres de pluie, alors que la normale se situe à 97 millimètres. On a pu enregistrer des quantités 16 jours durant le mois, alors qu’habituellement on peut le faire durant 15 jours. Toutefois, on a observé six jours avec 10 millimètres de plus de pluie. En juin, on en a traditionnellement 3,5 jours.