D’énormes roches ont été mises de côté lors de l’excavation du centre-ville de Lac-Mégantic pour procéder à la décontamination. Quelques-unes seront intégrés dans l’aménagement de l’Espace de mémoire, comme témoins du passé, du présent et du futur des lieux.

Le mémorial de Lac-Mégantic prend forme

La conception de la place commémorative de la tragédie de 2013 progresse à Lac-Mégantic. Une cinquantaine de citoyens ont assisté lundi soir à une présentation du projet, défini à environ 65 pour cent, selon la mairesse Julie Morin.

On savait déjà que cet Espace de mémoire, comme on l’appelle, sera aménagé sur le site de l’ancien Musi-Café, où ont péri les deux tiers des 47 victimes.

Depuis le début, la communauté souhaite un lieu sobre, rassembleur et vivant. Un lieu qui intégrera l’eau, la nature, les arbres et les étoiles, des éléments chers aux Méganticois. Un lieu qui deviendra un repère pour la population, qui incitera au recueillement et aux échanges, et qui interpellera les visiteurs dans le respect. 

Or on a appris lundi soir que des roches seront intégrées à l’aménagement, comme témoins du passé, du présent et du futur des lieux.  

Ces énormes roches avaient été mises de côté lors de l’excavation du centre-ville et il a été proposé d’en réutiliser quelques-unes dans le mémorial qui doit être construit l’été prochain.

Sur ces roches seront inscrits des mots qui ont été récoltés lors des cérémonies commémoratives du 5e anniversaire de la tragédie l’été dernier.

Les citoyens, on s’en souvient, étaient alors invités à inscrire des messages significatifs sur des bandes de tissu blanc, matière à réflexion personnelle et collective.

Les mots les plus souvent utilisés parmi les 300 ainsi récoltés seront mis en valeur sur les « roches qui parlent » de l’Espace de mémoire.

« Une de ces roches sera située exactement à l’emplacement du Musi-Café », explique Mme Morin. Celle-là écoutera, précise-t-elle.

La mairesse juge que la rencontre de lundi était « nécessaire et inspirante ».

« C’est ma plus grande fierté de voir que des gens de tous les milieux et de tous les âges y ont assisté. Il y a eu beaucoup d’échanges et c’est très bien parce qu’au-delà de l’aspect technique, ce projet-là brasse beaucoup d’émotions. C’est un moment important pour les citoyens et il faut faire en sorte qu’ils s’approprient le projet », explique-t-elle en entrevue téléphonique avec La Tribune.

Rappelons que la conception de l’Espace de mémoire a été prise en charge par un petit groupe de personnes qui représentent chacune une sphère de la communauté, dont les familles des victimes, les premiers répondants et les simples citoyens. 

Le groupe se réunit régulièrement depuis plus d’un an et retourne régulièrement vers les siens pour valider la progression du concept. Un architecte des Ateliers Pierre Thibault travaille avec eux depuis six mois. 

À partir des commentaires recueillis lundi soir, termine Mme Morin, ils seront en mesure de préparer les plans et devis du projet qui doit prendre forme sur le site l’été prochain.