« Mon cœur balance entre l’idée d’écrire une réplique et de ne pas en faire. Les gens de Don’t Undermine Memphremagog Purity (DUMP), qui sont nos alliés aux États-Unis, en préparent une. De notre côté, on verra comment on réagit », révèle le président du (MCI), Robert Benoit.

Le MCI croit être la mauvaise cible

L’organisme Memphrémagog conservation inc. (MCI) réfléchit à l’idée de répliquer aux accusations de John W. Casella, le grand patron de Casella Waste Systems, concernant la présence de polyfluoroalkyle (PFA) dans le lac Memphrémagog.

« Mon cœur balance entre l’idée d’écrire une réplique et de ne pas en faire. Les gens de Don’t Undermine Memphremagog Purity (DUMP), qui sont nos alliés aux États-Unis, en préparent une. De notre côté, on verra comment on réagit », révèle le président du (MCI), Robert Benoit.

À LIRE AUSSI: Rejets de polyfluoroalkyle dans le Memphrémagog : Casella crie à l’injustice

Dans une lettre ouverte parue dans plusieurs journaux au Vermont, John W. Casella révèle que le Vermont est nettement plus sévère que le Canada en matière de PFA, une famille de produits néfastes pour l’environnement. Il pointe également du doigt le MCI et DUMP, qui à son avis ont fait dévier le débat relatif au projet d’agrandissement du site d’enfouissement de Coventry.

Comme d’autres intervenants au Québec, Robert Benoît reconnaît que le Canada tire de la patte comparativement au Vermont sur la question de la présence des PFA dans l’eau. Par contre, il note que les autorités de l’État ont déjà établi que les sites d’enfouissement existant sur leur territoire constituent une source de PFA importante.

« À Newport, ils ont traité le lixiviat qui provenait du site de Coventry pendant des années dans une usine d’épuration située à côté du Memphrémagog. Mais ici, dans la portion québécoise du lac, il n’y a pas d’équipement de traitement semblable directement au bord de l’eau. La situation est donc bien différente », fait valoir M. Benoit.

Dans la foulée, le président du MCI souligne que des mesures concrètes et efficaces pour améliorer la protection des lacs et rivières sont en vigueur dans la région. « Ils ont aussi des programmes pour ça au Vermont, mais ça ne donne pas les résultats qu’on a chez nous, d’après ce qu’on me dit. »

Les politiciens

S’il n’a pas aimé la lettre signée par John W. Casella, Robert Benoit se montre davantage préoccupé par les intentions de Casella Waste Systems en ce qui concerne le traitement d’une partie du lixiviat produit à Coventry à l’usine d’épuration de Newport. La pratique doit cesser sous peu à la demande de la commission environnementale du district sept, mais elle pourrait reprendre dans les années à venir.

« Je pense que ce serait encore utile que des politiciens de la région se rendent au Vermont pour discuter avec les représentants de la population de cet État. Il faudrait qu’ils se mouillent dans ce dossier. Le gouverneur de l’État est sûrement parlable. »

Le traitement du lixiviat provenant de Coventry à l’usine de Newport sera bientôt interdit parce qu’on juge que cet équipement de traitement n’est pas suffisamment efficace pour traiter un liquide d’une telle toxicité. L’implantation de nouvelles technologies plus performantes risquerait toutefois d’entraîner la révision de la décision annoncée par la commission environnementale l’été dernier.