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La démission du maire de Stukely-Sud Patrick Leblond sera effective le 25 janvier.
La démission du maire de Stukely-Sud Patrick Leblond sera effective le 25 janvier.

Le maire et un conseiller démissionnent à Stukely-Sud

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
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Coup de théâtre lors de la première séance du conseil municipal de l’année à Stukely-Sud, lundi : le maire Patrick Leblond et le conseiller Charles-Édouard Lavallée ont annoncé qu’ils quittaient leurs fonctions d’élus, à neuf mois des élections.

Le premier magistrat  a profité d’un marché immobilier à la faveur des vendeurs pour se défaire de sa résidence à Stukely-Sud. Comme il déménagera à l’extérieur du village en février, il deviendra inapte à siéger, a-t-il indiqué lors de la rencontre d’une vingtaine de minutes par visioconférence.

La démission du maire sera effective le 25 janvier. Déjà, au courant de l’été, il avait démissionné des comités de sécurité publique et de sécurité incendie où il siégeait à la MRC de Memphrémagog.

«Le contexte a fait en sorte qu’on a vendu notre propriété assez rapidement», note le propriétaire du Domaine des Cantons, qui demeurera en Estrie.

Ne terminant pas son premier mandat, le principal intéressé reconnaît qu’il n’a pas eu l’occasion de mener à terme tous les projets qu’il aurait voulu mettre en place dans la municipalité. «Oui, il restait plein de choses, mais le conseil en place sera en mesure de prendre le relais», estime-t-il.

En mai 2019, le conseil municipal s’était prononcé unanimement pour verser une allocation de transition au maire advenant son départ, à condition qu’il ait siégé pendant au moins deux ans. La résolution n’établit pas de distinction entre une démission ou une défaite électorale. La directrice générale Louisette Tremblay n’a pas répondu à savoir si cette prime serait versée à M. Leblond.

Lors de la séance de lundi soir, Charles-Édouard Lavallée, a également lu une courte lettre dans laquelle il annonce se retirer de ses fonctions de conseiller et de membre du comité consultatif d’urbanisme à compter du 31 janvier, le tout «avec regret» et «pour des raisons personnelles», prenant soin de s’excuser à ceux qui l’ont élu.

Charles-Édouard Lavallée a annoncé se retirer de ses fonctions d’élu et de membre du comité consultatif d’urbanisme à compter du 31 janvier, le tout «avec regret» et «pour des raisons personnelles».

Mandat houleux

Le mandat de Patrick Leblond n’a pas été de tout repos. Élu en 2017, l’entrepreneur disait aimer les défis et souhaiter un climat positif au sein du conseil, déjà tendu par des dissensions entre les élus.

Le nouveau maire souhaitait reprendre et mettre à jour un plan stratégique pour développer la municipalité et en faire une destination touristique prisée des visiteurs, puis de nouveaux citoyens. Il souhaitait également rapprocher Stukely-Sud des municipalités voisines, ce qu’il a notamment fait avec Eastman avec la mise en place d’un service commun de premiers répondants, en 2018. Des discussions pour fusionner les deux municipalités ont également été entamées en 2020, mais mises sur la glace quelques mois plus tard par le conseil de Stukely-Sud.

Tout au long de son mandat, M. Leblond s’est buté à l’opposition des citoyens, notamment lors de la dissolution unilatérale de plusieurs comités citoyens, au printemps 2018. Cela avait mené à la démission du conseiller Patrick Binckly, depuis remplacé par René Pépin à la table du conseil.

Un an plus tard, la décision du conseil municipal de remercier tous les membres du comité consultatif d’urbanisme avait été dénoncée publiquement par ceux-ci, qui y voyaient une manœuvre politique pour favoriser les projets privés du maire.

Puis, un changement de zonage qui aurait permis l’exploitation de résidences touristiques dans le secteur de la rue Sabrina, à l’été 2019, a suscité l’ire des Dilligents. Devant le mécontement des citoyens, le conseil municipal avait finalement reculé.

M. Leblond, ainsi que M. Lavallée, qui est à l’emploi du Domaine des Cantons, propriété du maire, s’étaient aussi retrouvés dans l’eau chaude pour ne pas s’être retirés lors de votes concernant le camping situé à la limite de Saint-Étienne-de-Bolton. La séance d’août 2019 s’était d’ailleurs terminée en queue de poisson, pendant la période de questions réservée aux citoyens, après que ceux-ci s’interrogeaient sur l’apparence de conflit d’intérêts du maire et de ces projets.

Le maire avait d’ailleurs fait l’objet d’une plainte à la Commission municipale du Québec et avait plaidé coupable, ce qui lui avait valu une suspension sans solde de 15 jours.

Les relations entre le conseil municipal et les citoyens étaient devenues à ce point tendues qu’un avocat a assisté à toutes les séances publiques pendant plusieurs mois, une dépense dénoncée par des citoyens.