Même si elle n’est pas récente, la décision du gouvernement du Québec de ne pas inclure le lac La Rouche dans le projet d’agrandissement du parc national du Mont-Orford suscite encore des questionnements.

Le lac La Rouche restera hors du parc

Même si elle n’est pas récente, la décision du gouvernement du Québec de ne pas inclure le lac La Rouche dans le projet d’agrandissement du parc national du Mont-Orford suscite encore des questionnements.

Le lac La Rouche et son pourtour appartiennent à la célèbre famille Bombardier. Les employés de Bombardier produits récréatifs (BRP) peuvent aller y pêcher et BRP elle-même effectue à l’occasion des tests avec des engins développés par ses ingénieurs.

Quand Québec a dévoilé son projet d’agrandir le parc du Mont-Orford, on a cru que le petit plan d’eau et ses rives s’ajouteraient aux espaces déjà contenus dans cette aire protégée. Mais, malgré que des négociations ont eu lieu entre le gouvernement provincial et les Bombardier, il a finalement été décidé d’abandonner ce projet.

« L’entreprise Les Placements Bombardier a indiqué qu’elle doit avoir accès au lac en tout temps pour faire des essais avec ses véhicules motorisés, ce qui est incompatible avec les activités d’un parc national. Sinon, cela pourrait compromettre la viabilité des activités de recherche et de développement de BPR », indique Catherine Ippersiel, relationniste de presse au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec.

Conseillère principale en relation avec les médias chez BRP, Elaine Arsenault laisse pour sa part entendre que le lac La Rouche est un lieu qui se prête fort bien à la réalisation d’essais privés.

« On fait des tests qui,  habituellement, sont confidentiels et ce lieu est très bien pour faire ça. En plus, ce qui est intéressant, c’est qu’on ne dérange personne en effectuant nos tests à cet endroit et que nos installations sont situées pas très loin de ce lac », explique Mme Arsenault.

Dans la foulée, la représentante de BRP laisse entendre que la famille Bombardier fait le bonheur de nombreux travailleurs de l’entreprise en permettant à ceux-ci d’accéder au plan d’eau pour se récréer. « C’est un bel avantage pour les employés », reconnaît-elle.

Questionnements

Environnementaliste bien connu dans la région, Pierre Dépôt déplore toutefois la décision des autorités gouvernementales dans ce dossier. « Moi, je voudrais que le gouvernement procède à une expropriation et que le lac devienne accessible à tous. Il n’y a pas tant d’accès à l’eau, dans le parc du Mont-Orford, et on pourrait en créer un beau à cet endroit-là », suggère-t-il.

Par ailleurs, M. Dépôt affirme ne pas comprendre pourquoi on invoque une incompatibilité entre les activités de la compagnie et du parc pour défendre la décision du gouvernement. « On ne veut pas de motoneiges dans les parcs nationaux et là on permettrait des motomarines juste à côté. Ça dérangera autant », déplore-t-il.