Une équipe composée de patrouilleurs et de chercheurs a mené des tests avec un mannequin de 185 livres, au mont Orford, cette fin de semaine. Ils prendront connaissance des résultats au cours des prochaines semaines.
Une équipe composée de patrouilleurs et de chercheurs a mené des tests avec un mannequin de 185 livres, au mont Orford, cette fin de semaine. Ils prendront connaissance des résultats au cours des prochaines semaines.

Le labo à la montagne [PHOTOS]

Est-ce que les patrouilleurs de ski qui utilisent des colliers cervicaux pour immobiliser le cou des victimes d’accidents le font pour rien? C’est ce que cherche à savoir le Dr Marc-Antoine Despatis, qui fait partie de la patrouille de ski depuis 2004. Une équipe de patrouilleurs et de chercheurs ont pris d’assaut le mont Orford pour faire passer une batterie de tests à un mannequin de 185 livres doté de capteurs en fin de semaine.

Les capteurs du mannequin sont reliés à une tablette électronique, ce qui permet de connaître l’angle de son cou en tout temps. « On a fait comme avec une vraie victime, explique le Dr Despatis qui est aussi chirurgien vasculaire. Le mannequin est couché sur le dos et on doit la coucher sur le côté sans bouger la tête. C’était le début de l’étude, on voulait voir si on faisait ça comme il le faut. »

« La deuxième partie de l’étude, c’était de voir s’il y avait des différences dans les mouvements de sa tête en utilisant ou pas un collier cervical, lorsqu’on met le patient dans un matelas-coquille, enchaîne-t-il. Si on était capable de dire qu’il n’y a pas de différence, il y a des patients chez qui on n’aurait pas besoin de mettre de collet. »

Dans des conditions de ski, il est compliqué de mettre en place un collet cervical, selon Dr Despatis. « Il faut dénuder la victime, donc enlever le casque, la tuque, le foulard et ouvrir le manteau pour lui mettre le collet. Après, il faut la rhabiller. C’est toujours une aventure. Si on pouvait l’éviter, ce serait mieux pour les patients », indique celui qui a souvent dû mettre en place des collets cervicaux à des victimes d’accidents.

Les chercheurs et patrouilleurs ont effectué leurs tests dans des environnements très contrôlés. « On a fait des tests sur un terrain plat samedi et sur un terrain à 45 degrés dimanche. Déjà, c’est difficile. Le mannequin est lourd comme quelqu’un d’inconscient. Ça prend quatre ou cinq personnes pour le mobiliser et s’assurer que son cou ne bouge pas », indique Dr Despatis.

Même si elle a effectué de nombreuses expériences, l’équipe de Marc-Antoine Despatis n’a pris connaissance d’aucun résultat lors de la fin de semaine. « Je ne voulais pas que ça fausse nos façons de faire », avoue le chirurgien.

Cette étude pourrait avoir un impact dans tous les centres de ski du monde. « Ce sera une goutte d’eau dans l’océan de la science, relativise le Dr Despatis. Il faudra faire d’autres études. Mais c’est une bonne goutte d’eau, car il n’y a pas beaucoup de personnes qui ont amené un mannequin dans une situation réelle. Souvent, ces tests sont faits en laboratoire, dans une université ou dans un gymnase. Mais nous, on est dehors. »

Quand a-t-il eu l’idée de mener cette recherche? « C’est quand le Dr Boissy a inventé le mannequin que cette idée m’est venue, répond Dr Despatis. On trouve parfois que le collet est encombrant, il peut faire mal [aux patients]. Ils passent des heures avec le collet dans le cou, alors qu’ils n’en ont peut-être pas besoin. Quand j’ai vu les possibilités, je me suis dit qu’on pouvait peut-être mélanger la science à l’université et la patrouille. » 

L’inventeur du mannequin, le Dr Patrick Boissy, et un résidant en orthopédie, Guillaume Grenier, ont également pris part à la fin de semaine de recherche.