Près de 50 kilomètres de chemins privés sillonnent le Domaine des Appalaches à Notre-Dame-des-Bois.
Près de 50 kilomètres de chemins privés sillonnent le Domaine des Appalaches à Notre-Dame-des-Bois.

Le Domaine des Appalaches pourrait devenir une coopérative [VIDÉO]

 Le Domaine des Appalaches à Notre-Dame-des-Bois pourrait devenir une coopérative formée par ses résidents.

Après six générations, la famille Valence travaille à un projet pour céder la gestion des espaces communs de ce domaine privé à ses résidents. Après avoir vendu les premiers terrains en 1976, les dirigeants du Domaine des Appalaches souhaitent passer le flambeau.

« Nous avons trois priorités, soit d’assurer la pérennité du domaine, sécuriser l’investissement de nos clients et maintenir la qualité de l’environnement de notre milieu de vie exceptionnel. La formation d’une coopérative est, selon nous, le modèle le plus solide afin que mon frère Benoit et moi-même puissions prendre notre retraite », explique le président du Domaine des Appalaches, Pierre Valence.

Ce vaste domaine privé, situé de part et d’autre de la route 212 en direction de Woburn, représente plus de 40 pour cent de la valeur foncière de Notre-Dame-des-Bois, une municipalité de la MRC du Granit.

Les gens qui deviennent propriétaires au domaine des Appalaches se voient accorder l’accès à tout le domaine.

Des frais annuels équivalents à environ 5 $ par semaine sont imposés pour l’accès à tout le territoire.

Comme tout propriétaire de Notre-Dame-des-Bois, les résidents doivent payer des taxes municipales. Mais une taxe de secteur pour le déneigement, qui est au cœur d’un litige qui secoue la municipalité (voir autre texte), est aussi ajoutée.

« Nous avons développé le domaine sans subvention, toujours avec le souci de préserver l’environnement. L’idée est de remettre les espaces verts, les lacs, les milieux humides, les zones protégées, les aires d’observation, les belvédères, les parcs et les chemins aux propriétaires des terrains du domaine qui nous ont aidés à le bâtir. Nous croyons au sentiment d’appartenance que créerait une coopérative », fait valoir Pierre Valence.

Comme point de départ de cette réflexion, la direction du Domaine des Appalaches a voulu obtenir la position de la Municipalité relativement à l’entretien des chemins du domaine privé en été. Depuis une dizaine d’années, la Municipalité s’est vu confier le déneigement du Domaine des Appalaches, mais les résidents en assurent la charge financière.

« L’entretien des chemins représente la principale dépense du domaine. Nous avons confié l’entretien hivernal à la Municipalité et nous souhaiterions qu’elle puisse s’en charger aussi l’été. Nous cherchons à négocier de bonne foi avec la Municipalité pour le bien-être collectif. Le litige avec le déneigement hivernal fait en sorte que tout est présentement au point mort. Nous trouvons la situation bien malheureuse, car nous voulons travailler à un projet d’avenir et non sur quelque chose qui va détruire les relations avec le reste des citoyens de la municipalité », déplore Pierre Valence.

Le centre des loisirs à l’école de Notre-Dame-des-Bois porte le nom de Charles Valence, soit l’arrière-grand-père des dirigeants actuels du Domaine des Appalaches.

Consultation

Pour assurer cette transition vers une coopérative, la direction du Domaine des Appalaches entend tenir une vaste consultation avec ses résidents notamment sur les enjeux environnementaux puis sur le fonctionnement.

Si les espaces communs étaient cédés à la coopérative, la famille Valence resterait propriétaire des terrains encore à vendre du domaine.

Pierre Valence explique qu’en plus de la valeur foncière, le Domaine des Appalaches agit comme véritable poumon économique du secteur.

« Lors de l’aménagement de leur résidence ou de leur terrain, les gens font affaire avec des entreprises du coin », signale Pierre Valence.

Il n’est pas obligatoire de construire une résidence immédiatement après l’acquisition d’un terrain, dont la famille Valence assure le financement.

« Les gens peuvent prendre le temps de payer tranquillement leur terrain avant de choisir de se construire. Il n’y a pas de contrainte de construction à part les normes municipales. Nous sommes très souples. Certains propriétaires possèdent un terrain ici depuis plus de 25 ans sans avoir bâti de maison ou de chalet. Nous faisons tout en notre possible pour faciliter l’accès à la propriété », indique Pierre Valence.

Près de 500 résidences sont réparties à travers le territoire de plus de 4000 acres qui est traversé par le chemin Clinton grâce auquel on assurait la liaison à cheval entre Notre-Dame-des-Bois et Woburn avant la construction de la route 212 en 1954.

Au sommet du mont Valence, à 720 mètres d’altitude, sur le lot où le domaine a commencé en 1877, le regard se pose tous azimuts sur le mont Mégantic, le mont Gosford, le territoire américain, le lac Mégantic ou les éoliennes de Saint-Robert-Bellarmin, au cœur de la première réserve de ciel étoilé au monde.

Les lacs, ruisseaux à truites, cascades d’eau, sentiers, belvédères deviendraient aussi la propriété des membres de la coopérative de résidents située dans une municipalité qui compte un peu plus de 900 citoyens.

« Ça fait 40 ans que nous travaillons sur le domaine en y réinvestissant des sommes pour sans cesse faire des améliorations. Il faut regarder vers l’avenir et préparer l’après-famille Valence », signale Pierre Valence.