Le Colibri devait regrouper, dans ce bâtiment signature, des services de capitainerie, un restaurant et un centre d’expertise sur la transition énergétique et le développement durable.

Le Colibri change de cap

Offert à la Ville de Lac-Mégantic par la région du Rhône-Alpes en France dans un geste de solidarité après la tragédie de 2013, le bâtiment écoénergétique Le Colibri ne verra pas le jour dans la forme imaginée avec les partenaires français.

Presque quatre ans après la présentation officielle du projet, qui devait remplacer la capitainerie de la marina, au cœur même du centre-ville, l’administration municipale change d’approche et réévalue le modèle de gouvernance du lieu.

« On ne recule pas, on bifurque, dit la mairesse Julie Morin, et on se questionne sur les besoins réels des Méganticois. »

Porté par un organisme à but non lucratif (OBNL) franco-québécois, Le Colibri devait abriter les services de capitainerie, comme une billetterie et des toilettes, ainsi qu’un restaurant. Il devait surtout servir de vitrine à l’expertise en développement durable et en transition énergétique avec laquelle Lac-Mégantic cherche à faire sa marque.

« Avec la marina et la vue sur les montagnes, on a besoin d’une capitainerie et d’un resto à cet endroit-là, estime maintenant Mme Morin. Pour ce qui est de la vitrine du microréseau, est-ce qu’on en a également besoin? Est-ce que ça peut se faire ailleurs? On a encore des discussions à avoir, mais pour le moment, on pense que la marina n’est pas le seul site possible pour ce bâtiment. »

Les coûts de construction et d’opération du bâtiment signature et écoénergétique ont pesé lourd dans la réflexion. Mme Morin ne peut pas donner de chiffres précis mais à l’automne 2017, le président de l’OBNL précisait dans La Tribune que le budget avait été revu à la baisse à 3 millions $.

Pas le seul projet

La mairesse rappelle pour sa part que ce n’est pas le seul projet du centre-ville à avoir été revu par son conseil municipal, arrivé en poste en 2017.

« Cinq ans après la tragédie, on s’est permis de réévaluer les besoins. La vision reste la même, avec la carte de la transition énergétique, du développement durable et d’un centre-ville animé. On est là-dedans. Par contre, il faut avoir les moyens de ses ambitions », dit-elle.

Le conseil municipal doit décider « d’ici quelques semaines » s’il se tourne complètement ou en partie vers un promoteur privé pour construire et exploiter la capitainerie et le restaurant. La mairesse assure déjà que ce ne sera pas 100 % public.


«  On ne recule pas, on bifurque et on se questionne sur les besoins réels des Méganticois.  »
Julie Morin, mairesse

Quant au legs des partenaires français, Mme Morin fait valoir que rien n’est perdu. Les plans du bâtiment écoénergétique qui ont été produits pourraient éventuellement être proposés au promoteur privé qui s’avancerait pour construire la capitainerie, par exemple. Ou être concrétisés ailleurs au centre-ville.

« On s’est donné une vision claire et Le Colibri en a toujours fait partie, fait-elle aussi valoir. Il a permis d’attirer d’autres projets et de soutenir l’élan de Lac-Mégantic dans la voie de la transition énergétique et du développement durable. »

Soulignons enfin que l’investissement de la Ville dans l’OBNL Le Colibri s’élève à 160 000 $, tirés des indemnisations d’assurances qu’elle a touchées à la suite de la démolition de la capitainerie existante, précise Mme Morin.

Le reste de son budget vient du Fonds municipal vert, de ministères, de fondations privées et des partenaires français.