Présentement, les patients, les visiteurs et les employés des hôpitaux sherbrookois peuvent fumer à l’extérieur des bâtiments en respectant une zone d’exclusion de 9 mètres des portes.

Le CIUSSS de l'Estrie-CHUS veut évincer la cigarette d'ici 2022

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS vise toujours à devenir un établissement sans fumée d’ici 2022. Il deviendra donc impossible de fumer à l’extérieur des hôpitaux et l’usage de la cigarette pourrait devenir très restreint à l’intérieur et à l’extérieur de certains milieux de vie comme les CHSLD.

L’application de cette politique est un projet des plus réalistes, assure le nouveau directeur de la Santé publique de l’Estrie, le Dr Alain Poirier. Celui-ci a d’ailleurs consacré une partie de sa carrière à la lutte au tabagisme. Il maîtrise très bien le sujet et la lutte au tabagisme lui tient très à cœur.

Pour illustrer que le CIUSSS de l’Estrie pourra y arriver, il cite en exemple les cinq grands hôpitaux universitaires de Montréal qui deviendront tous des établissements sans fumée, dès l’été prochain, sauf pour l’Hôpital Sainte-Justine qui compte conserver une « zone réservée », une parcelle de terrain où les usagers et les employés pourront aller fumer loin des portes et des fenêtres.

Il y a une cinquantaine d’années, environ 50 % des Québécois fumaient. Ce chiffre a dégringolé à 20 % de la population actuellement. « Malheureusement, le vapotage intéresse grandement nos jeunes et on note une réaugmentation de jeunes qui fument », déplore le Dr Poirier.

Celui-ci a bien connu l’époque où on vendait des cigarettes à l’hôpital et où il était possible de fumer partout dans les établissements. « Des progrès importants ont été faits, mais il en reste encore à faire. L’idée derrière cette politique, c’est d’aller le plus loin possible dans chaque établissement », soutient le Dr Poirier.

La Politique pour des environnements sans fumée a été adoptée par le CIUSSS de l’Estrie en décembre 2017 avec trois objectifs : créer des environnements sans fumée à l’intérieur comme à l’extérieur de ses points de service, promouvoir le non-tabagisme et favoriser l’abandon du tabagisme chez les usagers et les membres de la communauté du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Cigarette interdite à l’hôpital

S’il devient impossible de fumer sur le terrain de l’hôpital, les fumeurs pourraient quand même aller fumer sur le trottoir appartenant à la ville... sauf dans certains cas. « La loi prévoit de la souplesse pour identifier des lieux sur le terrain ou à l’intérieur où les gens pourraient aller fumer, ce qu’on appelle des zones désignées qui seront plus loin qu’à 9 mètres des portes comme c’est le cas actuellement. À l’Hôpital Fleurimont par exemple, on ne peut pas envoyer les gens sur le trottoir à cause de l’emplacement de l’hôpital », cite-t-il en exemple.

Dans les hôpitaux du CIUSSS de l’Estrie-CHUS en ce moment, il est impossible depuis longtemps de fumer dans les bâtiments. Les patients hospitalisés vont donc fumer à l’extérieur, à au moins 9 mètres des portes, quand ils sont en mesure de le faire.

Ils sont donc accompagnés dans leur transition pour les aider à abandonner le tabac.

« Du côté de la santé mentale et des dépendances, ça peut être plus difficile parce que pour certains, c’est leur thérapie », concède le Dr Poirier.

Centres jeunesse et CHSLD

Les établissements comme le CIUSSS de l’Estrie comptent quelques points de service considérés comme des « milieux de vie », notamment les centres jeunesse et les CHSLD, c’est-à-dire des lieux où les résidents vivent pendant de longs mois ou de longues années.

« Notre plan, c’est d’abord de réduire l’accès à la cigarette dans les centres jeunesses, ensuite dans les CLSC et les hôpitaux et enfin dans les CHSLD », explique le directeur de la Santé publique.

« Pour le moment, le Centre jeunesse Val-du-Lac est le seul établissement du CIUSSS de l’Estrie où la cigarette est complètement interdite. Il y a eu un temps où les jeunes apprenaient à fumer dans les centres jeunesse. Il est terminé ce temps-là », se réjouit Alain Poirier.

Dans les CHSLD, la situation est différente. Il faudra plus de temps et d’énergie pour arriver à évincer la cigarette complètement.

Très rapidement cependant, le nombre de fumoirs sera réduit à un seul par CHSLD. « À Montréal, il y a de 3 à 6 % des résidents dans les CHSLD qui sont des fumeurs. Parfois, c’est une ou deux personnes à accommoder. Cela ne nécessite pas de maintenir trois ou quatre fumoirs dans chaque CHSLD », souligne-t-il.

Des pièces spécialement aménagées avec une pression d’air négative pourraient être aménagées si cela s’avérait nécessaire.