Le petit William Racine

Le chien qui a mordu un enfant ne sera pas euthanasié

Le chien qui a mordu un enfant de quatre ans le 12 novembre dans un service de garde, à Orford, a été jugé non dangereux par la Société protectrice des animaux de l’Estrie. Cette décision est dénoncée par la toute jeune Association québécoise des victimes d’attaques de chiens (AQVAC).

Au cours des derniers jours, la Société protectrice des animaux (SPA) de l’Estrie a évalué le chien de type « boxer ». Il a été retourné à son propriétaire, vendredi dernier, au terme de l’évaluation réalisée.

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Un enfant mordu par un chien dans une garderie

Porte-parole de la Régie de police Memphrémagog, le lieutenant Sylvain Guay précise que la SPA a remis au propriétaire de l’animal « une liste considérable de normes à respecter ». 

« Le chien devra notamment être confiné dans un lieu de vie complètement distinct et indépendant de la garderie lorsque des enfants sont présents, souligne M. Guay. Même à l’extérieur de la garderie, le chien ne pourra en aucun cas être en présence d’enfants, à moins d’une surveillance constante d’un adulte responsable. » 

D’après le porte-parole de la Régie de police Memphrémagog, la SPA de l’Estrie s’assurera du « respect strict des normes en vertu du règlement municipal d’Orford, qui prévoit des amendes en cas de défaut. »

Rappelons que le jeune William Racine, âgé de quatre ans, a été mordu au visage par un chien dans un service de garde en milieu familial associé au bureau coordonnateur du Centre de la petite enfance L’Enfant-Do, à Magog. Des traces de la morsure subie étaient visibles près du nez et de la bouche de l’enfant, lequel ne devrait toutefois pas garder de séquelle.

La propriétaire du service de garde en milieu familial, Jane Howell, a reçu un constat d’infraction de 646 $ dans la foulée de l’incident. Sa garderie est située en bordure du chemin Alfred-Desrochers, à Orford.

Concernant l’enquête policière visant à déterminer s’il y a eu négligence ou non, notons que la Régie de police de Memphrémagog « s’affaire à rencontrer des témoins pour établir les faits précédents l’évènement avant de conclure ».

De la Déception

La mère de William Racine, Katherine Plante, s’est montrée déçue lorsque La Tribune l’a informée de la décision de la SPA de l’Estrie relativement à la morsure infligée à son fils par le chien de Mme Howell. 

« Je ne vois pas comment on peut conclure que ce chien-là n’est pas dangereux considérant qu’il a mordu un enfant au visage. Je trouve que la situation est déplorable. Mais nous on a fait tout ce qu’on a pu en portant plainte non seulement au bureau coordonnateur, mais aussi à la Direction de la protection de la jeunesse et à la police », a déclaré Mme Plante.

Cofondatrice de L’AQVAC, Dominique Alain en arrive sensiblement à la même conclusion que la mère du petit William. « C’est incroyable de constater que la SPA ne considère pas cet animal dangereux. Des lésions au visage, c’est très sérieux. En plus, notre association déplore le fait qu’on permette la présence du chien auprès des enfants si un adulte responsable surveille », commente-t-elle.

D’après l’AQVAC, les évaluations relatives à des chiens impliqués dans des incidents préoccupants devraient toujours être publiques, ce qui n’est pas le cas présentement.

« Comment l’évaluation a été faite? Et par qui? Voilà le genre de chose que le public devrait pouvoir savoir. Les gens ont le droit d’être rassurés quant au fait que l’animal ne représente pas un danger. On se pose des questions quant à la crédibilité de la SPA étant donné les circonstances », soutient Mme Alain.

Porte-parole de la SPA de l’Estrie, Marie-Pierre Quirion a pour sa part confié que son organisation doit être d’autant plus discrète que ce dossier fait actuellement l’objet d’une enquête policière.